Suite
à l'émission TV, j'ai pu dégager quelques points communs
que tous les phobiques du plateau paraissaient avoir
:
- L'angoisse de séparation par
rapport à la mère : Moi j'ai toujours voulu
prendre mon indépendance tôt. Et au final, je me suis
rendue compte que j'avais besoin d'elle. J'angoisse
si je la sais loin. Peur de couper le cordon ... Moi
je ne parle plus a mes parents a cause de mon père
mais ma mère me manque oui. Sans elle, j'ai l'impression
de ne pas pouvoir avancer. J'ai peur de grandir en
fait. Je suis restée coincée entre le monde enfant
auquel je m'accroche désespérément et le monde adulte
que je rejette de toutes mes forces parce qu'il me
terrorise. Je suis entre deux et je refuse d'avancer.
Ca me fait peur.
- La maîtrise de soi / le contrôle
: Je contrôle tout et tout le temps depuis
petite. J'aime exercer un pouvoir sur moi et sur les
choses, pas parce que je suis dictatoriale mais parce
que ça me rassure. J'ai du mal avec l'imprévu, il
faut que je me prépare psychologiquement a tout. Je
contrôle tout, tout le temps et depuis quelques temps,
j'ai horreur des surprises. J'aime avoir le choix.
Il me faut une alternative dans toutes les situations,
sinon, j'angoisse. Par exemple : Si je suis invitée
à un repas avec des amis et qu'on me dit que je suis
obligée d'y aller, non seulement je vais angoisser
mais cela va entraîner une colère. Donc je vais inventer
un prétexte de dernière minute, je vais appeler et
dire qu'un pépin m'est tombé dessus et qu'ils ne comptent
pas sur moi, que je viendrai si je pourrai. Dans ce
dernier cas de figure, je me redonne le choix d'y
aller ou pas. C'est mon alternative, j'ai une échappatoire
au cas où. C'est essentiel, ça m'évite de me sentir
coincée, donc d'angoisser.
- Le perfectionnisme : Ce
foutu besoin de plaire en permanence, d'être au top,
d'être la meilleure ... Pouah, ça m'a bouffé. Comme
j'ai toujours eu l'impression d'être ignorée par mes
parents, j'avais besoin d'être parfaite pour qu'on
m'aime. Au final ça n'a rien arrangé puisque :
1/ on ne m'aime pas davantage.
2/ je me déteste encore plus de ne pas être aimée
comme prévu.
Je hais l'échec et je le vis très mal. Ceci a un rapport
direct avec le 4ème point ( chez moi en tout cas )
- L'Autre : J'ai sans
arrêt l'impression qu'on va mal me juger. Si j'échoue,
je vais attendre une réaction négative de la part
de l'Autre et je vais me miner toute seule par rapport
à ça. Du coup, je me dévalorise, je me sous-estime
en permanence. En résumé : Je suis conne, je suis
moche, je suis bête, je n'ai rien pour moi. Pourquoi
m'aimerait-on dans ces cas là ? Et boom, on repart
dans le cercle vicieux.
- La peur de l'inconnu
( et ça relève je pense du contrôle + de l'angoisse
de séparation à la mère ) : Perso, je me vois
mal avancer dans la vie. Du coup je m'auto détruis
en me bousillant la vie toute seule comme une grande.
Même quand ça va, il faut que ça n'aille pas. Quand
je pourrais aller bien, je déprime presque d'aller
bien. Je me tue moi même tous les jours. J'ai peur
d'avancer dans la vie, j'ai besoin de stagner, de
me sentir en sécurité en permanence. Il faut que je
sois entourée de mon petit monde protecteur. D'où
l'évitement des situations nouvelles.
Il
faut savoir que ces 5 points ne se retrouvent pas
forcément chez tous les phobiques du monde. En revanche,
sur la Maling list reservée aux émétophobes, beaucoup
se sont retrouvés là dedans. La phobie dont nous souffrons
ne date pas d'hier. Il a du y avoir un traumatisme
dans l'enfance ou dans l'adolescence qui avait ou
n'avait pas de rapport direct avec le vomi. Notre
problème de base n'est pas forcément le vomi. C'est
quelque chose de beaucoup plus profond que ça et nous
l'avons transféré là dessus. C'est devenu notre terreur
numéro 1 parce qu'il y a eu une projection de toutes
nos angoisses dessus.
Pour
connaître l'origine de la phobie, il faut creuser,
chercher. Un membre de la famille ou un ami proche
malade dans l'enfance ? Avez vous fait un voyage scolaire
qui s'est mal passé ? Votre mère vous a-t-elle manqué
à un moment ou à un autre et l'avez vous mal vécu
? Avez vous vomi tout seul étant petit et avez vous
été effrayé par la chose ? Avez vous vomi en public
et avez vous eu peur / honte ? Est-ce arrivé à quelqu'un
de votre entourage proche ?
Je
ne veux pas faire de la psychologie à un euro, mais
il faut chercher le début de tout ce déclenchement.
Il faut également envisager une thérapie ou des thérapies
pour essayer de comprendre le pourquoi du comment
ou tout simplement pour arriver à vivre mieux, en
gérant ses angoisses. La thérapie analytique, la thérapie
comportementale et cognitive, l'hypnose ... Voilà
des solutions pour nous. Bien sûr, un psy génial pour
X ne sera pas forcément un psy génial pour Y, c'est
à nous de nous prendre en main, de faire les démarches
si nous voulons nous prouver que nous pouvons sortir
de là. Il ne faut pas s'enterrer dans la phobie. Il
faut arrêter de plonger dans la stratégie d'évitement.
Plus on évite, plus la liste des situations / objets
à éviter se rallonge. C'est inutile et ça ne fait
qu'empirer les choses. Il faut se forcer à aller de
l'avant au début. Si nous ne le faisons pas, personne
ne le fera pour nous. Il ne sert à rien de pleurer
sur son sort, il faut regarder devant, même si nous
avons justement peur de ce " devant ".