Actuellement,
il y a Document sans titre 18 visiteur(s) sur le site.
28 Août 2008 , bienvenue sur emetophobie.net
                 
Accueil > Presse > Les comportementalistes
Document sans titre
 Emétophobie " pure "
Définition & Généralités
Evolution
Origines
Conseils
Angoisses & Rituels
Le contrôle
Les Autres

 Emétophobie " sociale "
Définition & Généralités

 Témoignages
Emétophobie " pure "
Emétophobie " sociale "
Grossesse
Proches

 Vomir ?
 
 Gastro-entérite
Description
Symptômes
Transmission
Prévention
Alimentation
Traitements

 Trucs & Astuces
Phobie
Crise d'angoisse
Anticipation négative
Objet contraphobique

 TCC
Introduction
Outils thérapeutiques
Exercices d'exposition
En simplifié
Adresses de psy
10 commandements

 Paroles de psy
 
 Liste des phobies
 
 Mon histoire
Ma vie
Mes angoisses & Rituels

 Emissions TV
 
 Remèdes de grand-mères
 
 Relaxation
Explication
Schultz
Jacobson
Vittoz

 Médecines douces
Homéopathie
Aromathérapie
Phytothérapie
Kinésiologie
Acupuncture
Chiropractie
Sophrologie
Yoga

 Filmographie
 
 Recettes


Les comportementalistes
Les psy qui nous font avancer sans regarder derrière. Avec eux bien mieux qu'hier... et encore mieux demain ! S'il y a un divan dans leur cabinet, c'est pour y apprendre à respirer confortablement. Relégué dans la salle d'attente, le fauteuil où le psy assis, bras sur les accoudoirs, menton posé sur ses doigts croisés, encourageait son patient à lui raconter sa prime enfance. Leur "truc à eux" : le retour vers le futur.
 

Nous avons tous notre talon d'Achille : il y a ceux qui grimpent aux rideaux à la vue d'une souris, celui qui se "laisse toujours bouffer par les autres" ou encore cette autre "qui reproduit éternellement les mêmes échecs"...
Nous nous connaissons sur le bout des doigts, nous nous sentons mêmes capables, grâce à nos nombreuses lectures sur le sujet dans les magazines féminins, d'analyser la situation : "Un oedipe contrarié alors que nous entrions en maternelle", "une mère super mais terriblement protectrice", "une crise d'adolescence larvée qui n'a jamais pu donner sa vraie dimension"... D'accord, d'accord, mais impossible de réécrire les épisodes de notre journal de jeune fille, pour en modifier l'histoire ! Et puis, tout le monde a des parents, tout le monde a un passé... à quoi sert de revenir sur notre histoire ? Sûrement pas à résoudre nos problème immédiats.

Avec eux, on parle d'aujourd'hui

Jeanne a 21 ans, elle vient d'entrer dans une école de communication, un métier pour lequel elle se sentait des dispositions. Aujourd'hui, elle doute :
"A la fin du premier trimestre, j'ai pris conscience que je ne m'étais pas fait un seul véritable ami. J'entretiens de bonnes relations avec tout le monde, mais je ne fais partie d'aucun des petits groupes qui se sont constitués et passent ensemble leurs week-ends. Je sors avec le même garçon depuis quatre ans... J'ai eu le sentiment que brutalement ma vie était devenue étriquée. C'est sur le conseil de ma mère que j'ai pris rendez-vous avec une psy comportementaliste. Je n'en avais jamais entendu parler avant. Quand ma soeur a décroché au collège, elle a vu une psychologue toutes les semaines pendant quatre ans ! Trop long pour moi, d'autant que je n'avais pas envoie de revenir sur le départ de notre père quand nous étions petites. Cela explique peut-être beaucoup de choses mais ne résout pas ma claustrophobie sociale".
Il n'est pas sûr que l'absence de père soit réellement à l'origine des problèmes de Jeanne.
Les psychothérapeutes comportementalistes n'empêchent pas leurs patients de chercher à comprendre l'origine de leurs comportements avec un psychanalyste (ces derniers sont beaucoup plus réticents à l'égard de ces nouveaux psy) ou avec un psychothérapeute. De même, ils n'interrompent pas une prise de médicaments prescrite par un médecin car un sevrage doit toujours être progressif.
Leur but est de soulager le malaise, la peur, la souffrance, comme l'explique Herman de Vries, psychologue, qui pratique les thérapies comportementales depuis vingt-cinq ans : "Notre objectif est de créer un nouveau répertoire de comportements grâce à de nouvelles expériences, de nouvelles stratégies et de nouveaux repères plus opérationnels. Pour les troubles de l'anxiété, les résultats sont souvent spectaculaires".

Avec eux, on pointe les frustrations de la vie quotidienne...
Complexes, anxiété, dépression... une aide spectaculaire validée par les études

Les comportementalistes s'appuient sur l'aspect scientifique de la psychologie : l'évaluation concrète des résultats après avoir fait prendre conscience à leurs patients de leurs comportements conditionnés, renforcés ou freinés par les évènements de leur vie (et les conséquences que cela entraîne) et les avoir aidés à en corriger certains et à en valoriser d'autres. Les cognitivistes "travaillent" sur les modes de pensées négatifs... et positifs avec leurs patients ; les comportementalistes de "terrain" agissent et s'impliquent dans les blocages qui leur gâchent la vie ; la plupart font les deux et s'adaptent à la personne qu'ils reçoivent, à la manière d'Herman de Vries. "Je m'ajuste au cas par cas, en m'aidant parfois de la relaxation, de jeux de rôles ou d'un travail sur la respiration. J'utilise également la technique de l'exposition : elle consiste à amener quelqu'un à affronter la situation anxiogène en pensée, puis en exercice et enfin en situation réelle".
Une aide utile pour réussir à vaincre une phobie, celle de l'ascenseur, par exemple. Le thérapeute accompagne une fois, puis deux, puis dix, le phobique dans cette cage qui le terrifie... jusqu'à ce que sa présence devienne inutile.
Quant à Jeanne, elle a entamé une réflexion sur elle-même avec sa thérapeute : "Lors de notre première séance, elle m'a demandé si je situais bien ce que je voulais voir changer dans ma vie. Cela me semblait clair, c'était ma relation avec les autres. Nous en avons parlé, j'ai raconté les petits faits qui me mettaient mal à l'aise, voire me faisaient souffrir. Elle m'a donné un questionnaire évoqyant plusieurs situations sociale, avec pour mission de noter de - 4 à + 4, celles que je supportais le mieux ou le moins bien : être seule, me sentir seule au milieu d'un groupe, me promener dans la foule ; me taire, prendre la parole sans réfléchir, être obligée de prendre la parole ; au restaurant : manger un plat froid ou trop chaud sans me plaindre, demander au garçon de changer mon assiette, faire un scandale...
Elle a regroupé mes réponses par comportements globaux et m'a fait apparaître des choses dont je n'avais pas vraiment conscience, comme par exemple, que j'étais prête à toutes les concessions pour être appréciée, que l'avis des autres me paraissait toujours plus intelligent que le mien...
Elle m'a montré un tableau, très simple, en trois colonnes : contexte, description et réponse à l'évènement. Je l'ai recopié sur un petit carnet pour y noter les situations qui me marquent et je m'efforce le plus souvent possible de le faire sur le vif".

Avec eux, on améliore demain

"Lors de mon second rendez-vous, nous avons épluché mon carnet, là encore, elle a procédé à des regroupements de mes attitudes. Le contexte et les évènements pouvaient être différents, je retrouvais toujours les mêmes mauvaises "lignes de défense". Cela m'a sauté aux yeux sans qu'elle ait besoin de me mettre les points sur les "i". Cette prise de conscience m'a amenée à me fixer quatre objectifs. Donc à provoquer les évènements qui me permettent de tester de nouveaux comportements, avec une priorité à celui qui me paraissait le plus difficile à mettre en place.
Avant de nous quitter, elle m'a demandé : "Vous faites toujours ce mouvement ?" "quel mouvement ?" "Ne bougez pas et regardez-vous dans la glace au-dessus du canapé". Je tenais à deux mains mon genou droit, posé sur mon genou gauche et je balançais mon pied. Je m'en suis excusée, ce qui l'a fait sourire : "Vous faites le dos rond pour attraper votre genou et vous serrez vos bras contre votre corps : ainsi vous vous protégez comme si vous craigniez de recevoir des coups..." Elle a ajouté une petite consigne à mon programme : chaque fois que j'en prends conscience, m'appliquer à redresser le dos, à décroiser mes jambes, à poser mes mains sur les accoudoirs des fauteuils et mes pieds bien à plat sur le sol... Je corrige ma position dix à quinze fois par jour !", sourit Jeanne.
Cette méthode de la "consigne" est celle qu'a adoptée Annie Martineau, psychologue dans l'équipe de nutritionnistes et comportementalistes de l'hôpital Bichat, qui prend en charge des personnes ayant, en vain, testé maints régimes ! "Pour modifier leur comportement responsable d'une véritable souffrance psychique, j'utilise la stratégie de l'observation. Au lieu de restreindre, j'ajoute des consignes afin de faire prendre conscience à la personne, par exemple, qu'elle grignote toujours debout. Pour freiner l'impulsion, il faut alors mettre du temps entre l'envie et le passage à l'acte : lui demander de s'asseoir..." Peu à peu, les automatismes, les attitudes se révèlent au grand jour, le regard sur soi évolue.

Avec eux, on parle d'avenir !
Nous avons besoin de résultats rapides... avec les comportementalistes c'est le cas !

"C'était mon troisième rendez-vous, avant-hier, raconte Jeanne. Elle me laisse du temps pour pouvoir me tester ! Nous avons repris mon carnet, elle a relevé plusieurs changements d'attitude... Et elle m'a de nouveau demandé de noter de 0 à 10 ce qui avait été le plus difficile, les comportements que je pensais pouvoir modifier radicalement, les échecs qui m'avaient laissé indifférente, ceux qui m'avaient mortifiée... Elle m'a dit que j'étais réellement motivée et que nous allions réussir. Elle m'a conseillée de me focaliser sur le point le plus ardu pour moi, "les autres seront plus faciles à gérer ensuite, ils se résoudront même peut-être spontanément. Nous avons évoqué mon balancement de pied de façon plutôt anecdotique : "Lorsque vous aurez progressé sur vos attitudes, je vous apprendrai à respirer, mais vous devez d'abord apprendre à vous relaxer..." A suivre", jubile Jeanne, enchantée par ses trois premiers rendez-vous.
Après l'étape de mise à jour des comportements, vient l'établissement d'un plan de travail, toujours en accord avec le patient, dont l'adhésion est déterminante. Une des limites des psychothérapies comportementales est le manque de motivation de la personne qui demande de l'aide : impossible d'obtenir un résultat avec quelqu'un de passif.
Par le biais de ce "programme", les thérapies comportementales et cognitives s'attachent à nous faire prendre conscience de nos monologues intérieurs. Il s'agit non seulement d'observer notre comportement (j'ai eu peur de prendre la parole en public, je suis devenue rouge, et je suis partie...), mais aussi par les pensées qui nous ont envahies à ce moment-là, et qui explique notre état de fébrilité (je vais être ridicule, je vais bégayer...). Ce n'est pas la situation qui créé une tension, une peur ou une tristesse, mais la perception que nous en avons. Or, lorsque nous sommes déprimés ou anxieux, nous avons tendance à sélectionner dans notre entourage, notre vie et notre passé, les informations négatives. Le thérapeute va réamorcer un engagement dans ces activités sociales, nous proposer de nouveaux ancrages dans la société, de nouvelles occasions de contacts, avec des résultats aussi positifs que durables. Prévenir les rechutes : c'est là le "plus" du comportementaliste !
"Cette thérapie est d'autant plus séduisante qu'elle propose une relation interactive, plus égalitaire qu'autoritaire, avec le thérapeute, analyse le Docteur François Lelord, psychiatre-comportementaliste. Nous sommes devenus des consommateurs de soins, qui attendons un service et un résultat rapide, et avec le comportementalisme, c'est le cas".

Les enfants aussi

Se séparer de son doudou à 7 ans, se faire des copains quand on est un grand timide, ce n'est pas toujours facile... Car, pour les enfants, il n'y a pas de petits soucis : ils sont en proportion aussi lourds que les nôtres.

En cas de troubles du comportement

La thérapie comportementaliste se révèle particulièrement efficace. Particulièrement avec les petits, encore plus réceptifs, que les grands. Hyperactivité, énurésie, phobies sociales... plus ils sont pris en charge tôt, moins il résistent, ont pu constater les pédopsychiatres et les psychologues. C'est pourquoi l'an dernier a été créée une formation spécifique pour ces professionnels au sein de l'Association Française des Thérapies Comportementalistes et Cognitives (AFTCC).

En cas de traitements lourds

Parce qu'il est souvent difficile d'accepter une maladie chronique, qui vous rend "différent des copains", il est classique de constater que les petits malades "craquent" de temps en temps et refusent d'avaler leurs médicaments, pourtant indispensables.
"Les psychothérapies cognitivo-comportementales de courte durée sont particulièrement indiquées dans la mucovisicidose pour obtenir une modification objective et rapide de certains comportements, comme le refus alimentaire, le refus de soins ou une phobie face à un traitement", affirme l'Association Française contre la Mucoviscidose qui vient de publier un petit guide sur le sujet.

Témoignage
Christelle "J'arrive à être plus performante dans mes études"

"A 33 ans, j'ai décidé de reprendre des études après dix années de vie professionnelle et j'ai eu de gros problèmes de concentration et d'idées négatives. Impossible de réussir à apprendre, je me répétais que j'étais nulle, que les autres étaient bien meilleurs, que je n'y arriverais jamais. Puis sont venues les crises d'angoisse, terribles. Chez moi, elles se manifestent par des mains moites, le coeur qui s'emballe, et surtout la certitude que je vais mourir immédiatement. J'avais déjà suivi une psychanalyse il y a quelques années. Avec la thérapie comportementale, j'ai tout de suite eu des résultats pratiques. Dès les premières séances, j'ai appris à me fixer des objectifs raisonnables. Par exemple, en fractionnant mon temps de travail, alors que moi j'avais tendance à rester des heures devant mon bureau sans être performante. Et petit à petit, j'ai appris à me concentrer pendant quinze minutes, puis vingt, puis trente. Au bout d'une semaine déjà, je réussissais à limiter l'ampleur des crises... Je n'ai pas encore terminé la thérapie. Bien sûr, j'aimerais que cela aille plus vite, mais comme j'arrive mieux à travailler, cela m'aide à m'accrocher : je n'ai pas abandonné mes études et j'ai accepté l'idée d'obtenir ma maîtrise en deux années au lieu d'une".

L'avis du comportementaliste

"Il arrive que les anxiétés de performance soient responsables d'échecs scolaires ou d'études qui traînent. Les thérapies comportementales peuvent aider l'élève angoissé en lui donnant de nouveaux repères qui vont lui permettre la mise en oeuvre d'un comportement plus opérationnel".

Cadeau d'entreprise

Les entreprises ont vite compris l'intérêt des thérapies comportementales dans l'affirmation de la confiance en soi. Pour les proposer habilement à leur personnel, elles sont rebaptisées stage de "développement personnel" ou de "coaching". "C'est la responsable des ressources humaines qui organise une formation pour déstresser les cadres redoutant de prendre la parole en public... ou le manager qui nous appelle parce qu'il s'estime trop agressif et qu'il ne parvient pas à gérer les conflits avec ses collaborateurs" expliquent Bernard Hévin et Jane Turner, psychothérapeutes.
Parmi ces entreprises avant-gardistes, on peut citer EDF, France Télécom, la SNCF, Renault, l'Assemblée Nationale (pour son personnel et non ses députés !). Séduits également, les commerciaux et les étudiants qui y voient une manière d'améliorer leurs performances en se débarrassant de leurs peurs irrationnelles.
"Les techniques de la psychologie trouvent des applications en dehors des pathologies, se réjouit le Docteur Bernard Rivière. Elles permettent d'optimiser notre aisance sociale, une initative bénéfique tant dans notre milieu professionnel que familial. La gestion du stress permet également de prévenir les troubles cardio-vasculaires, elle protège nos défenses immunitaires...".

Une spécialité qui a de l'avenir

On estime déjà à un millier le nombre de praticiens formés en France et 400 psychiatres se forment cette année uniquement à Paris. Pour autant, nous sommes encore loin de nos voisins anglo-saxons et d'Europe du Nord.
"Aux Pays-Bas, la moitié des thérapies sont de type comportementaliste et cognitif", témoigne Herman de Vries, psychologue d'origine hollandaise, confiant en l'avenir de sa spécialisation. C'est sans doute du côté des médecins généralistes que les choses bougeront le plus désormais. Ils sont les premiers vers qui se tournent les personnes anxieuses, dépressives et on sait aujourd'hui que le temps investi dans cette thérapie évite bien des rechutes. Déjà, un enseignement spécifique est proposé aux non-spécialistes à l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

Une psychothérapie pour tous ?

"Presque !" assure le Docteur Bernard Rivière, psychiatre à l'hôpital Esquirol de St-Maurice : "Ces thérapies ont des effets positifs sur presque toutes les pathologies, même si elles sont un peu moins utiles pour les démences, l'autisme infantile évolué et les dépressions sévères".

Nos phobies
Premiers et plus spectaculaires résultats

C'est avec les phobies que les thérapies comportementales ont en premier lieu brillamment prouvé leur efficacité, crédibilisant ainsi toute la démarche.
Peur des araignées, d'être treize à table, de prendre le métro, d'arriver en retard, les phobies sont diverses, variées et très fréquentes : un français sur cinq en souffre ! Les américains en ont recensé 6 450... Elles sont le plus souvent liées à un traumatisme, ce qui rend les médicaments inefficaces. Aussi la thérapie comportementale est un vrai soulagement pour les phobiques ! "Si vous souffrez d'une peur morbide des serpents, le thérapeute vous incitera à visualiser un serpent et à vous en approcher par imagination jusqu'à ce que vous parveniez à le toucher en toute sérénité", résume Patrick Traube, psychothérapeute. A moins d'habiter en Afrique équatoriale, nous pouvons vivre en évitant d'en rencontrer. En revanche, la phobie de l'eau prive de bien des plaisirs de vacances. La stratégie thérapeutique est schématiquement la même si nous associons une situation (plonger dans une piscine) à une mauvaise expérience : "J'ai bu une tasse quand j'étais petit et j'ai cru me noyer", nous sommes incapables de nous jeter à l'eau. Le comportementaliste va nous aider à associer des émotions positives : "J'adore me relaxer dans mon bain", et des exercices : des séances de jeux avec notre bébé dans la pataugeoire de la piscine par exemple, afin de dépasser le réflexe conditionné responsable de notre peur. Bien sûr, cela sera moins facile et prendra plus de temps si, enfant, nous avons vécu un vrai traumatisme, comme assisté à une noyade. Les résultats sont aussi rapides qu'impressionnants.
En cas de phobie simple (peur des araignées, de l'orage...) ou d'agoraphobie (peur des lieux publics), les symptômes disparaissent généralement huit fois sur dix. Pour les phobies sociales, le taux de réussite s'élève à 60 %. Et quelques séances peuvent suffire pour se réconcilier avec un avion ou une souris.

Nos troubles obsessionnels
Résultats positifs pour le patient... et son entourage

Une fixation sur la poussière qui nous amène à passer deux à dix fois par jour l'aspirateur après avoir déplacé tous les meubles et tapis... Le sentiment oppressant - et que nous avouons ridicule : - d'être sur écoute, qui nous force à nous interrompre au milieu d'une conversation pour soulever un objet afin de s'assurer qu'aucun micro n'y est dissimulé... Des symptômes pénibles, l'enfer pour nous et pour les autres. Bien souvent, famille et collègues tentent d'aider la personne concernée en la surprotégeant. Ainsi assistée, il devient inutile de faire des efforts, de prendre des risques.
"Pour favoriser la guérison, l'entourage doit s'impliquer dans le traitement et encourager sincèrement le candidat à la guérison. J'invite souvent le conjoint à assister aux entretiens pour qu'il comprenne comment il peut jouer un rôle de renforcement positif, en sachant exprimer sa confiance, dire qu'il est convaincu que ça va marcher...", explique Annie Martineau.
Positiver comment ? Sans tomber dans l'agressivité, la moquerie ou le chantage ! Ne jamais dire : "Je ne fais plus telle activité avec toi tant que tu n'as pas obtenu tel résultat...".

Nos kilos
Balance et moral allégés

A l'hôpital Bichat, à Paris, nutritionnistes et comportementalistes travaillent main dans la main, au fil d'une quinzaine de séances de psychothérapie avant le démarrage d'un régime. Cela s'appelle "l'aide au régime", car ce n'est pas la thérapie elle-même qui peut faire perdre du poids, mais la confiance retrouvée, après l'échec de plusieurs régimes. Le thérapeute aide les "candidats" à l'amaigrissement à se revaloriser, à se stimuler à nouveau. "Il faut compter sept à huit séances pour prendre conscience des réflexes à modifier, et autant pour découvrir les idées ou émotions qui les déclenchent. Avec le recul, nous avons constaté que les régimes accompagnés d'une thérapie garantissent une perte de poids durable, contrairement aux régimes simples", constate Annie Martineau.
Phobies, complexes, anxiété, dépression mais aussi sevrages (tabagisme, alcool), les thérapies comportementales sont une aide appréciable pour se débarrasser de nos dépendances. Et dans ce domaine, la recherche avance rapidement ! En nous apprenant à modifier nos émotions, elles nous permettent de transformer les comportements qui nous empoisonnent la vie. Elles sont d'autant plus séduisantes qu'elles sont généralement de courte durée : rarement plus que quelques mois.

Témoignage
Marie-Claire, dentiste
Au début, j'étais une sorcière... et je suis devenue une fée !

"Nathalie, une petite fille de neuf ans, devait subir une intervention qui était, pour elle, très impressionnante : la résection du frein sous la langue. Elle la redoutait beaucoup, c'était net dans ses dessins, confie le Docteur Marie-Claire Théry-Hugly, chirurgien-dentiste. Elle me représentait en sorcière et se dessinait recroquevillée dans un cerceuil. Grâce à une restructuration cognitive à base de relaxation et à une exposition graduelle aux soins, nous avons réussi à dédramatiser la situation. Dans son dernier dessin, réalisé après l'opération, le chirurgien était devenu une fée et la petite fille un ange serein au coeur d'un paysage de rêve, celui-là même dans lequel la relaxation l'avait plongée. Sans mener une séance magistrale de relaxation, nous pouvons aider une personne qui redoute un soin dentaire. Nous avons parfois à faire face à des manifestations buccales de psychopathologie, comme le phénomène de "la langue brûlante". C'est une douleur psychogène chronique qui révèle un syndrome dépressif. La thérapie comportementale et cognitive nous est alors très utile".

Ca marche...

Un peu : Psychoses, dépressions sévères.
Beaucoup : Troubles paniques, dépressions, alcoolisme, aide au régime, complexes, troubles sexuels, problèmes de couples, stress, hyperactivité, énurésie.
Enormément : Phobies, troubles obsessionnels compulsifs (TOC), tics, anxiété en particulier sociale, timidité, crises d'angoisse, troubles post-traumatiques.

Capital Santé - Avril 1999

Copyright © CEF - 2001-2006