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Avec
eux, on parle d'aujourd'hui
Jeanne
a 21 ans, elle vient d'entrer dans une école de communication,
un métier pour lequel elle se sentait des dispositions. Aujourd'hui,
elle doute :
"A la fin du premier trimestre, j'ai pris conscience que je ne m'étais
pas fait un seul véritable ami. J'entretiens de bonnes relations
avec tout le monde, mais je ne fais partie d'aucun des petits groupes
qui se sont constitués et passent ensemble leurs week-ends. Je
sors avec le même garçon depuis quatre ans... J'ai eu le
sentiment que brutalement ma vie était devenue étriquée.
C'est sur le conseil de ma mère que j'ai pris rendez-vous avec
une psy comportementaliste. Je n'en avais jamais entendu parler avant.
Quand ma soeur a décroché au collège, elle a vu une
psychologue toutes les semaines pendant quatre ans ! Trop long pour moi,
d'autant que je n'avais pas envoie de revenir sur le départ de
notre père quand nous étions petites. Cela explique peut-être
beaucoup de choses mais ne résout pas ma claustrophobie sociale".
Il n'est pas sûr que l'absence de père soit réellement
à l'origine des problèmes de Jeanne.
Les psychothérapeutes comportementalistes n'empêchent pas
leurs patients de chercher à comprendre l'origine de leurs comportements
avec un psychanalyste (ces derniers sont beaucoup plus réticents
à l'égard de ces nouveaux psy) ou avec un psychothérapeute.
De même, ils n'interrompent pas une prise de médicaments
prescrite par un médecin car un sevrage doit toujours être
progressif.
Leur but est de soulager le malaise, la peur, la souffrance, comme l'explique
Herman de Vries, psychologue, qui pratique les thérapies comportementales
depuis vingt-cinq ans : "Notre objectif est de créer un nouveau
répertoire de comportements grâce à de nouvelles expériences,
de nouvelles stratégies et de nouveaux repères plus opérationnels.
Pour les troubles de l'anxiété, les résultats sont
souvent spectaculaires".
Avec
eux, on pointe les frustrations de la vie quotidienne...
Complexes, anxiété, dépression... une aide spectaculaire
validée par les études
Les
comportementalistes s'appuient sur l'aspect scientifique de la psychologie
: l'évaluation concrète des résultats après
avoir fait prendre conscience à leurs patients de leurs comportements
conditionnés, renforcés ou freinés par les évènements
de leur vie (et les conséquences que cela entraîne) et les
avoir aidés à en corriger certains et à en valoriser
d'autres. Les cognitivistes "travaillent" sur les modes de pensées
négatifs... et positifs avec leurs patients ; les comportementalistes
de "terrain" agissent et s'impliquent dans les blocages qui
leur gâchent la vie ; la plupart font les deux et s'adaptent à
la personne qu'ils reçoivent, à la manière d'Herman
de Vries. "Je m'ajuste au cas par cas, en m'aidant parfois de la
relaxation, de jeux de rôles ou d'un travail sur la respiration.
J'utilise également la technique de l'exposition : elle consiste
à amener quelqu'un à affronter la situation anxiogène
en pensée, puis en exercice et enfin en situation réelle".
Une aide utile pour réussir à vaincre une phobie, celle
de l'ascenseur, par exemple. Le thérapeute accompagne une fois,
puis deux, puis dix, le phobique dans cette cage qui le terrifie... jusqu'à
ce que sa présence devienne inutile.
Quant à Jeanne, elle a entamé une réflexion sur elle-même
avec sa thérapeute : "Lors de notre première séance,
elle m'a demandé si je situais bien ce que je voulais voir changer
dans ma vie. Cela me semblait clair, c'était ma relation avec les
autres. Nous en avons parlé, j'ai raconté les petits faits
qui me mettaient mal à l'aise, voire me faisaient souffrir. Elle
m'a donné un questionnaire évoqyant plusieurs situations
sociale, avec pour mission de noter de - 4 à + 4, celles que je
supportais le mieux ou le moins bien : être seule, me sentir seule
au milieu d'un groupe, me promener dans la foule ; me taire, prendre la
parole sans réfléchir, être obligée de prendre
la parole ; au restaurant : manger un plat froid ou trop chaud sans me
plaindre, demander au garçon de changer mon assiette, faire un
scandale...
Elle a regroupé mes réponses par comportements globaux et
m'a fait apparaître des choses dont je n'avais pas vraiment conscience,
comme par exemple, que j'étais prête à toutes les
concessions pour être appréciée, que l'avis des autres
me paraissait toujours plus intelligent que le mien...
Elle m'a montré un tableau, très simple, en trois colonnes
: contexte, description et réponse à l'évènement.
Je l'ai recopié sur un petit carnet pour y noter les situations
qui me marquent et je m'efforce le plus souvent possible de le faire sur
le vif".
Avec
eux, on améliore demain
"Lors
de mon second rendez-vous, nous avons épluché mon carnet,
là encore, elle a procédé à des regroupements
de mes attitudes. Le contexte et les évènements pouvaient
être différents, je retrouvais toujours les mêmes mauvaises
"lignes de défense". Cela m'a sauté aux yeux sans
qu'elle ait besoin de me mettre les points sur les "i". Cette
prise de conscience m'a amenée à me fixer quatre objectifs.
Donc à provoquer les évènements qui me permettent
de tester de nouveaux comportements, avec une priorité à
celui qui me paraissait le plus difficile à mettre en place.
Avant de nous quitter, elle m'a demandé : "Vous faites toujours
ce mouvement ?" "quel mouvement ?" "Ne bougez pas
et regardez-vous dans la glace au-dessus du canapé". Je tenais
à deux mains mon genou droit, posé sur mon genou gauche
et je balançais mon pied. Je m'en suis excusée, ce qui l'a
fait sourire : "Vous faites le dos rond pour attraper votre genou
et vous serrez vos bras contre votre corps : ainsi vous vous protégez
comme si vous craigniez de recevoir des coups..." Elle a ajouté
une petite consigne à mon programme : chaque fois que j'en prends
conscience, m'appliquer à redresser le dos, à décroiser
mes jambes, à poser mes mains sur les accoudoirs des fauteuils
et mes pieds bien à plat sur le sol... Je corrige ma position dix
à quinze fois par jour !", sourit Jeanne.
Cette méthode de la "consigne" est celle qu'a adoptée
Annie Martineau, psychologue dans l'équipe de nutritionnistes et
comportementalistes de l'hôpital Bichat, qui prend en charge des
personnes ayant, en vain, testé maints régimes ! "Pour
modifier leur comportement responsable d'une véritable souffrance
psychique, j'utilise la stratégie de l'observation. Au lieu de
restreindre, j'ajoute des consignes afin de faire prendre conscience à
la personne, par exemple, qu'elle grignote toujours debout. Pour freiner
l'impulsion, il faut alors mettre du temps entre l'envie et le passage
à l'acte : lui demander de s'asseoir..." Peu à peu,
les automatismes, les attitudes se révèlent au grand jour,
le regard sur soi évolue.
Avec
eux, on parle d'avenir !
Nous avons besoin de résultats rapides... avec les comportementalistes
c'est le cas !
"C'était
mon troisième rendez-vous, avant-hier, raconte Jeanne. Elle me
laisse du temps pour pouvoir me tester ! Nous avons repris mon carnet,
elle a relevé plusieurs changements d'attitude... Et elle m'a de
nouveau demandé de noter de 0 à 10 ce qui avait été
le plus difficile, les comportements que je pensais pouvoir modifier radicalement,
les échecs qui m'avaient laissé indifférente, ceux
qui m'avaient mortifiée... Elle m'a dit que j'étais réellement
motivée et que nous allions réussir. Elle m'a conseillée
de me focaliser sur le point le plus ardu pour moi, "les autres seront
plus faciles à gérer ensuite, ils se résoudront même
peut-être spontanément. Nous avons évoqué mon
balancement de pied de façon plutôt anecdotique : "Lorsque
vous aurez progressé sur vos attitudes, je vous apprendrai à
respirer, mais vous devez d'abord apprendre à vous relaxer..."
A suivre", jubile Jeanne, enchantée par ses trois premiers
rendez-vous.
Après l'étape de mise à jour des comportements, vient
l'établissement d'un plan de travail, toujours en accord avec le
patient, dont l'adhésion est déterminante. Une des limites
des psychothérapies comportementales est le manque de motivation
de la personne qui demande de l'aide : impossible d'obtenir un résultat
avec quelqu'un de passif.
Par le biais de ce "programme", les thérapies comportementales
et cognitives s'attachent à nous faire prendre conscience de nos
monologues intérieurs. Il s'agit non seulement d'observer notre
comportement (j'ai eu peur de prendre la parole en public, je suis devenue
rouge, et je suis partie...), mais aussi par les pensées qui nous
ont envahies à ce moment-là, et qui explique notre état
de fébrilité (je vais être ridicule, je vais bégayer...).
Ce n'est pas la situation qui créé une tension, une peur
ou une tristesse, mais la perception que nous en avons. Or, lorsque nous
sommes déprimés ou anxieux, nous avons tendance à
sélectionner dans notre entourage, notre vie et notre passé,
les informations négatives. Le thérapeute va réamorcer
un engagement dans ces activités sociales, nous proposer de nouveaux
ancrages dans la société, de nouvelles occasions de contacts,
avec des résultats aussi positifs que durables. Prévenir
les rechutes : c'est là le "plus" du comportementaliste
!
"Cette thérapie est d'autant plus séduisante qu'elle
propose une relation interactive, plus égalitaire qu'autoritaire,
avec le thérapeute, analyse le Docteur François Lelord,
psychiatre-comportementaliste. Nous sommes devenus des consommateurs de
soins, qui attendons un service et un résultat rapide, et avec
le comportementalisme, c'est le cas".
Les
enfants aussi
Se
séparer de son doudou à 7 ans, se faire des copains quand
on est un grand timide, ce n'est pas toujours facile... Car, pour les
enfants, il n'y a pas de petits soucis : ils sont en proportion aussi
lourds que les nôtres.
En
cas de troubles du comportement
La
thérapie comportementaliste se révèle particulièrement
efficace. Particulièrement avec les petits, encore plus réceptifs,
que les grands. Hyperactivité, énurésie, phobies
sociales... plus ils sont pris en charge tôt, moins il résistent,
ont pu constater les pédopsychiatres et les psychologues. C'est
pourquoi l'an dernier a été créée une formation
spécifique pour ces professionnels au sein de l'Association Française
des Thérapies Comportementalistes et Cognitives (AFTCC).
En
cas de traitements lourds
Parce
qu'il est souvent difficile d'accepter une maladie chronique, qui vous
rend "différent des copains", il est classique de constater
que les petits malades "craquent" de temps en temps et refusent
d'avaler leurs médicaments, pourtant indispensables.
"Les psychothérapies cognitivo-comportementales de courte
durée sont particulièrement indiquées dans la mucovisicidose
pour obtenir une modification objective et rapide de certains comportements,
comme le refus alimentaire, le refus de soins ou une phobie face à
un traitement", affirme l'Association Française contre la
Mucoviscidose qui vient de publier un petit guide sur le sujet.
Témoignage
Christelle "J'arrive à être plus performante
dans mes études"
"A
33 ans, j'ai décidé de reprendre des études après
dix années de vie professionnelle et j'ai eu de gros problèmes
de concentration et d'idées négatives. Impossible de réussir
à apprendre, je me répétais que j'étais nulle,
que les autres étaient bien meilleurs, que je n'y arriverais jamais.
Puis sont venues les crises d'angoisse, terribles. Chez moi, elles se
manifestent par des mains moites, le coeur qui s'emballe, et surtout la
certitude que je vais mourir immédiatement. J'avais déjà
suivi une psychanalyse il y a quelques années. Avec la thérapie
comportementale, j'ai tout de suite eu des résultats pratiques.
Dès les premières séances, j'ai appris à me
fixer des objectifs raisonnables. Par exemple, en fractionnant mon temps
de travail, alors que moi j'avais tendance à rester des heures
devant mon bureau sans être performante. Et petit à petit,
j'ai appris à me concentrer pendant quinze minutes, puis vingt,
puis trente. Au bout d'une semaine déjà, je réussissais
à limiter l'ampleur des crises... Je n'ai pas encore terminé
la thérapie. Bien sûr, j'aimerais que cela aille plus vite,
mais comme j'arrive mieux à travailler, cela m'aide à m'accrocher
: je n'ai pas abandonné mes études et j'ai accepté
l'idée d'obtenir ma maîtrise en deux années au lieu
d'une".
L'avis
du comportementaliste
"Il
arrive que les anxiétés de performance soient responsables
d'échecs scolaires ou d'études qui traînent. Les thérapies
comportementales peuvent aider l'élève angoissé en
lui donnant de nouveaux repères qui vont lui permettre la mise
en oeuvre d'un comportement plus opérationnel".
Cadeau
d'entreprise
Les
entreprises ont vite compris l'intérêt des thérapies
comportementales dans l'affirmation de la confiance en soi. Pour les proposer
habilement à leur personnel, elles sont rebaptisées stage
de "développement personnel" ou de "coaching".
"C'est la responsable des ressources humaines qui organise une formation
pour déstresser les cadres redoutant de prendre la parole en public...
ou le manager qui nous appelle parce qu'il s'estime trop agressif et qu'il
ne parvient pas à gérer les conflits avec ses collaborateurs"
expliquent Bernard Hévin et Jane Turner, psychothérapeutes.
Parmi ces entreprises avant-gardistes, on peut citer EDF, France Télécom,
la SNCF, Renault, l'Assemblée Nationale (pour son personnel et
non ses députés !). Séduits également, les
commerciaux et les étudiants qui y voient une manière d'améliorer
leurs performances en se débarrassant de leurs peurs irrationnelles.
"Les techniques de la psychologie trouvent des applications en dehors
des pathologies, se réjouit le Docteur Bernard Rivière.
Elles permettent d'optimiser notre aisance sociale, une initative bénéfique
tant dans notre milieu professionnel que familial. La gestion du stress
permet également de prévenir les troubles cardio-vasculaires,
elle protège nos défenses immunitaires...".
Une
spécialité qui a de l'avenir
On
estime déjà à un millier le nombre de praticiens
formés en France et 400 psychiatres se forment cette année
uniquement à Paris. Pour autant, nous sommes encore loin de nos
voisins anglo-saxons et d'Europe du Nord.
"Aux Pays-Bas, la moitié des thérapies sont de type
comportementaliste et cognitif", témoigne Herman de Vries,
psychologue d'origine hollandaise, confiant en l'avenir de sa spécialisation.
C'est sans doute du côté des médecins généralistes
que les choses bougeront le plus désormais. Ils sont les premiers
vers qui se tournent les personnes anxieuses, dépressives et on
sait aujourd'hui que le temps investi dans cette thérapie évite
bien des rechutes. Déjà, un enseignement spécifique
est proposé aux non-spécialistes à l'hôpital
Saint-Antoine à Paris.
Une
psychothérapie pour tous ?
"Presque
!" assure le Docteur Bernard Rivière, psychiatre à
l'hôpital Esquirol de St-Maurice : "Ces thérapies ont
des effets positifs sur presque toutes les pathologies, même si
elles sont un peu moins utiles pour les démences, l'autisme infantile
évolué et les dépressions sévères".
Nos
phobies
Premiers et plus spectaculaires résultats
C'est
avec les phobies que les thérapies comportementales ont en premier
lieu brillamment prouvé leur efficacité, crédibilisant
ainsi toute la démarche.
Peur des araignées, d'être treize à table, de prendre
le métro, d'arriver en retard, les phobies sont diverses, variées
et très fréquentes : un français sur cinq en souffre
! Les américains en ont recensé 6 450... Elles sont le plus
souvent liées à un traumatisme, ce qui rend les médicaments
inefficaces. Aussi la thérapie comportementale est un vrai soulagement
pour les phobiques ! "Si vous souffrez d'une peur morbide des serpents,
le thérapeute vous incitera à visualiser un serpent et à
vous en approcher par imagination jusqu'à ce que vous parveniez
à le toucher en toute sérénité", résume
Patrick Traube, psychothérapeute. A moins d'habiter en Afrique
équatoriale, nous pouvons vivre en évitant d'en rencontrer.
En revanche, la phobie de l'eau prive de bien des plaisirs de vacances.
La stratégie thérapeutique est schématiquement la
même si nous associons une situation (plonger dans une piscine)
à une mauvaise expérience : "J'ai bu une tasse quand
j'étais petit et j'ai cru me noyer", nous sommes incapables
de nous jeter à l'eau. Le comportementaliste va nous aider à
associer des émotions positives : "J'adore me relaxer dans
mon bain", et des exercices : des séances de jeux avec notre
bébé dans la pataugeoire de la piscine par exemple, afin
de dépasser le réflexe conditionné responsable de
notre peur. Bien sûr, cela sera moins facile et prendra plus de
temps si, enfant, nous avons vécu un vrai traumatisme, comme assisté
à une noyade. Les résultats sont aussi rapides qu'impressionnants.
En cas de phobie simple (peur des araignées, de l'orage...) ou
d'agoraphobie (peur des lieux publics), les symptômes disparaissent
généralement huit fois sur dix. Pour les phobies sociales,
le taux de réussite s'élève à 60 %. Et quelques
séances peuvent suffire pour se réconcilier avec un avion
ou une souris.
Nos
troubles obsessionnels
Résultats positifs pour le patient... et son entourage
Une
fixation sur la poussière qui nous amène à passer
deux à dix fois par jour l'aspirateur après avoir déplacé
tous les meubles et tapis... Le sentiment oppressant - et que nous avouons
ridicule : - d'être sur écoute, qui nous force à nous
interrompre au milieu d'une conversation pour soulever un objet afin de
s'assurer qu'aucun micro n'y est dissimulé... Des symptômes
pénibles, l'enfer pour nous et pour les autres. Bien souvent, famille
et collègues tentent d'aider la personne concernée en la
surprotégeant. Ainsi assistée, il devient inutile de faire
des efforts, de prendre des risques.
"Pour favoriser la guérison, l'entourage doit s'impliquer
dans le traitement et encourager sincèrement le candidat à
la guérison. J'invite souvent le conjoint à assister aux
entretiens pour qu'il comprenne comment il peut jouer un rôle de
renforcement positif, en sachant exprimer sa confiance, dire qu'il est
convaincu que ça va marcher...", explique Annie Martineau.
Positiver comment ? Sans tomber dans l'agressivité, la moquerie
ou le chantage ! Ne jamais dire : "Je ne fais plus telle activité
avec toi tant que tu n'as pas obtenu tel résultat...".
Nos
kilos
Balance et moral allégés
A
l'hôpital Bichat, à Paris, nutritionnistes et comportementalistes
travaillent main dans la main, au fil d'une quinzaine de séances
de psychothérapie avant le démarrage d'un régime.
Cela s'appelle "l'aide au régime", car ce n'est pas la
thérapie elle-même qui peut faire perdre du poids, mais la
confiance retrouvée, après l'échec de plusieurs régimes.
Le thérapeute aide les "candidats" à l'amaigrissement
à se revaloriser, à se stimuler à nouveau. "Il
faut compter sept à huit séances pour prendre conscience
des réflexes à modifier, et autant pour découvrir
les idées ou émotions qui les déclenchent. Avec le
recul, nous avons constaté que les régimes accompagnés
d'une thérapie garantissent une perte de poids durable, contrairement
aux régimes simples", constate Annie Martineau.
Phobies, complexes, anxiété, dépression mais aussi
sevrages (tabagisme, alcool), les thérapies comportementales sont
une aide appréciable pour se débarrasser de nos dépendances.
Et dans ce domaine, la recherche avance rapidement ! En nous apprenant
à modifier nos émotions, elles nous permettent de transformer
les comportements qui nous empoisonnent la vie. Elles sont d'autant plus
séduisantes qu'elles sont généralement de courte
durée : rarement plus que quelques mois.
Témoignage
Marie-Claire, dentiste
Au début, j'étais une sorcière... et je suis devenue
une fée !
"Nathalie,
une petite fille de neuf ans, devait subir une intervention qui était,
pour elle, très impressionnante : la résection du frein
sous la langue. Elle la redoutait beaucoup, c'était net dans ses
dessins, confie le Docteur Marie-Claire Théry-Hugly, chirurgien-dentiste.
Elle me représentait en sorcière et se dessinait recroquevillée
dans un cerceuil. Grâce à une restructuration cognitive à
base de relaxation et à une exposition graduelle aux soins, nous
avons réussi à dédramatiser la situation. Dans son
dernier dessin, réalisé après l'opération,
le chirurgien était devenu une fée et la petite fille un
ange serein au coeur d'un paysage de rêve, celui-là même
dans lequel la relaxation l'avait plongée. Sans mener une séance
magistrale de relaxation, nous pouvons aider une personne qui redoute
un soin dentaire. Nous avons parfois à faire face à des
manifestations buccales de psychopathologie, comme le phénomène
de "la langue brûlante". C'est une douleur psychogène
chronique qui révèle un syndrome dépressif. La thérapie
comportementale et cognitive nous est alors très utile".
Ca
marche...
Un peu : Psychoses, dépressions
sévères.
Beaucoup : Troubles paniques, dépressions, alcoolisme,
aide au régime, complexes, troubles sexuels, problèmes de
couples, stress, hyperactivité, énurésie.
Enormément : Phobies,
troubles obsessionnels compulsifs (TOC), tics, anxiété en
particulier sociale, timidité, crises d'angoisse, troubles post-traumatiques.
Capital Santé
- Avril 1999 |