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OSTHEOPATHIE
: la gardienne de l’équilibre
• Historique.
Il y a dix ans encore, elle était quasiment méconnue en
France. Ou bien on la prenait pour une étrange pratique de sorcellerie…
Car la logique de l’ostéopathie ne correspond pas à
la vision « officielle » d’un corps humain purement
mécanique. Voilà pourquoi, alors qu’elle a été
inventée à la fin du siècle dernier par Andrew Taylor
Still, un médecin militaire américain, elle est restée
si longtemps dans l’ombre. Mais c’est justement parce qu’elle
répond à une vision globale de l’être humain
qu’elle a aujourd’hui le vent en poupe.
•
Principe.
Il suffit d’un blocage infime pour comprimer les nerfs, entraver
la circulation et provoquer des contractures qui vont alors s’étendre
le long des chaînes musculaires. Ce qui entraîne de sérieuses
perturbations au niveau des organes. L’ostéopathe recherche
donc toujours la « lésion primaire » qui a provoqué
cet enchaînement de problèmes. En observant et en palpant
longuement le corps, il évalue les tensions et les lève
par des manipulations (des micro-impulsions qui libèrent articulations
et spasmes musculaires par un effet ventouse). Il peut également
pratiquer des étirements doux pour rétablir des relations
harmonieuses entre les différents tissus.
•
Points forts.
Le « mal de dos » (lumbago, sciatique, torticolis, etc.) et
les problèmes articulaires (de l’épaule, du genou,
etc.). L’ostéopathie est également susceptible d’améliorer
ou de guérir de nombreux troubles fonctionnels, tels que maux de
tête, vertiges, désordres digestifs (colopathie, hernie hiatale,
etc.), acouphènes (bourdonnements d’oreille), ronflements
ou infections à répétition. L’ostéopathie
crânienne obtient d’étonnants résultats dans
les cas d’infections à répétition des enfants.
•
Limites.
Les manipulations sont contre-indiquées en cas de lésions
anatomiques trop évoluées (fracture, arthrose sévère),
de maladies infectieuses (tuberculose osseuse), inflammatoire active ou
tumorale.
•
Précautions.
L’ostéopathie est enseignée sur deux ans après
le cursus normal de médecine. Par ailleurs, certains kinésithérapeutes
suivent des formations sérieuses (six ans d’études)
et acquièrent une grande habileté manuelle… que ne
possèdent pas forcément tous les médecins qui se
sont lancés dans les manipulations ! Or, seule la première
formation est reconnue par l’Ordre des médecins, la seconde
n’étant que tolérée : officielle dans tous
les autres pays européens, sa reconnaissance est en cours de pourparlers
avec le secrétariat d’Etat à la Santé.
Pour
éviter les charlatans, il est prudent de s’adresser à
un praticien affilié à une association sérieuse :
• Association des médecins ostéopathes de France :
1, rue de l’Hôpital, 76000 Rouen.
T. : 02.35.52.01.01.
• Registre des ostéopathes de France : 22, rue Fondaudège,
33000 Bordeaux.
T. : 05.56.009.009.
• Union fédérale des ostéopathes de France
: 13, rue des Trois-Capitaines, 26400 Crest. T. : 04.75.25.79.04.
•
En pratique.
Si le traitement doit être efficace, il le sera rapidement : entre
une et quatre séances, remboursées si le médecin
est conventionné. Une séance dure entre une demi-heure et
une heure (de 200 à 600 francs).
•
TEMOIGNAGE :
Lorba : « Ce qui m’a plu chez ce médecin, c’est
qu’il m’a fait participer à ma propre guérison
»
A 12 ans, en allant à un concours de violon, je me suis foulé
la cheville. Ma mère m’a amenée voir un kiné
qui m’a massée localement et prescrit des médicaments
antidouleur. Je n’ai plus souffert mais, quelques semaines plus
tard, je me tordais à nouveau la cheville. Cette fois, nous sommes
allées consulter un ostéopathe. C’était une
tout autre approche. L’entretien préliminaire a duré
une demi-heure au lieu de cinq minutes. Et surtout, il a pris la peine
d’expliquer et avait une vision plus globale du corps humain : à
cause de la douleur, j’avais pris de mauvaises habitudes de marche,
et c’est d’abord de ma colonne vertébrale dont il s’est
occupé. Le résultat a été probant : j’ai
été soignée en deux mois, à raison d’une
consultation par semaine.
Ce
qui m’a plu chez ce médecin, c’est qu'il m’a
fait participer à ma propre guérison. Il y avait une sorte
de collaboration. Il m’a appris à masser moi-même ma
cheville, à mieux marcher, à mieux respirer. Et je me sers
encore de ses conseils. A partir de cette expérience, je suis devenue
une adepte convaincue de la médecine douce. J’ai un homéopathe
que je ne vois plus depuis longtemps, car j’ai peu à peu
appris à mieux connaître mon corps et je sais désormais
ce qu’il me faut pour enrayer mes petits bobos.
L’hiver,
par exemple, quand j’ai un début de rhume, je prends du cuivre
et du magnésium pour renforcer mes défenses immunitaires.
Le principe des médecines douces est de renforcer l’organisme
pour qu’il soit capable de lutter. J’aime beaucoup cette idée.
Cela signifie qu’il faut être autonome et se défendre
soi-même (alors qu’avec les antibiotiques, on assiste le corps
qui, de ce fait, sait de moins en moins se défendre seul). D’ailleurs,
ce qui m’a gênée lorsque j’ai eu affaire à
des médecins classiques, c’est qu’ils se comportent
comme des dieux tout-puissants derrière leurs bureaux. On ne leur
demande pas de nous faire un cours magistral, mais ils pourraient partager
un tout petit peu leurs connaissances et nous apprendre à nous
prendre en charge nous-mêmes ! Ceci dit, la médecine douce
a aussi ses limites. Si j’avais un truc sérieux, je consulterais
un médecin allopathe et je garderais les médecines douces
en complément.
Lorba, 20 ans, est étudiante dans une école d’art.
Choropractie
: une variante
Très voisine de l’ostéopathie, elle s’est développée
aux Etats-Unis où elle compte de nombreux adeptes. Cette méthode
se concentre essentiellement sur les relations entre la colonne vertébrale
et le système nerveux, et agit en particulier sur les troubles
liés à l’anxiété (insomnie, fatigue,
déprime), sur les maux de tête, les vertiges, les allergies,
les désordres digestifs et urinaires. Ses célèbres
« craquements » cèdent de plus en plus la place à
des techniques douces d’ajustement. Elle n’est pas reconnue
en France, bien que ses praticiens aient suivi six années d’études.
Elle demande malheureusement un nombre important de séances, qui
ne sont pas remboursées : de cinq à dix au début
(de 200 à 400 francs), puis au moins quatre visites d’entretien
par an.
• Association française de chiropractie : 24, rue de Montessuy,
75007 Paris.
T. : 01.45.55.24.18.
HOMEOPATHIE : chacun est unique
• Historique.
Dans l’état actuel des connaissances scientifiques, le phénomène
des hautes dilutions demeure inexplicable. Voilà pourquoi certains
médecins conventionnels continuent de l’aborder du point
de vue de la superstition, et l’évoquent en terme de pratique
magique dont les produits ne valent pas mieux que de l’eau bénite.
Tout cela n’a pas empêché cette médecine, créée
en 1808 par le médecin allemand Samuel Hahnemann, d’être
étayée par d’innombrables études scientifiques
qui démontrent son efficacité, et surtout d’être
la grande gagnante de l’explosion des médecines douces. Aujourd’hui,
environ 40 % des Français y recourent, contre 18 % il y a vingt
ans.
•
Principe.
Si deux époux ont attrapé la grippe, l’homéopathe
ne prescrira pas les mêmes médicaments à chacun, car
l’un tousse beaucoup, l’autre non ; l’un se sent nettement
mieux en buvant chaud, l’autre, froid… Cette médecine
tient compte des modes de réactions physique et psychique du malade,
ainsi que de ses prédispositions aux diverses affections. En traitant
le « terrain » du patient, elle restaure cette énergie
vitale qui permet à l’organisme de mieux résister
aux agressions. Seul un interrogatoire poussé permet de trouver
les bonnes prescriptions. L’homéopathie repose sur le principe
de similitude : une substance toxique à haute dose peut, à
doses infimes, soulager un malade. La belladone, par exemple, provoque
normalement une forte fièvre. Lorsqu’elle est diluée,
elle a la capacité de guérir. C’est sur ce principe
que toutes les « substances actives » sont préparées
afin d’obtenir les dilutions homéopathiques : une goutte
de la substance de base diluée dans quatre-vingt-dix-neuf gouttes
d’eau pure donne la première dilution « centésimale
hahnemanienne » (1 CH). Une goutte de
1 CH dans quatre-vingt-dix-neuf gouttes d’eau donne 2 CH, et ainsi
de suite jusqu’à 30 CH.
•
Points forts.
Particulièrement efficace pour les infections respiratoires à
répétition, les allergies (rhinite, asthme, eczéma),
les maladies digestives banales (hémorroïdes, constipation),
l’insuffisance veineuse. L’homéopathie traite aussi
bien les maladies aiguës que chroniques.
•
Limites.
Les granules ne soignent pas tout. L’allopathie est donc indispensable
en cas d’urgence, ou dans les maladies chroniques graves : diabète,
maladies cardiaques, artérite, etc.
•
Précautions.
Aucune, a priori. A tout âge, les granules sont sans danger.
•
En pratique.
L’homéopathie est aujourd’hui prescrite occasionnellement
par quelque dix-huit mille médecins, mais cinq mille généralistes
– tout comme certains pédiatres – en ont fait leur
thérapeutique principale, au terme de trois ans de formation supplémentaire
en faculté de médecine. Ils figurent dans l’annuaire
à la rubrique « orientation homéopathique ».
On peut également se renseigner sur le site
Internet www.boiron.com.
•
TEMOIGNAGE :
Pascal : « J’étais enfin face à un médecin
qui m’écoutait sans porter de jugement »
J’ai appris ma séropositivité au téléphone.
J’avais 20 ans, le monde s’écroulait sur ma tête.
Pour parfaire le tableau, en allant faire le point sur mes résultats,
je me suis fait engueuler par la médecin chef, sous prétexte
que je m’étais présenté à l’accueil
: « Croyez-vous que les gens ont besoin de savoir ! » C’était
en 1986, dans une ville de province. Il n’existait à l’époque
aucune prise en charge des malades du sida. Les deux premières
années, j’ai été suivi à l’hôpital,
selon l’usage. Puis, en 1988, j’ai attrapé grippe sur
grippe, j’ai passé tout l’hiver sous antibiotiques.
Le médecin m’a alors annoncé que j’étais
en phase de transition et qu’il fallait s’attendre à
ce que mon état empire. Je me suis dit : « Non ! »
J’ai eu envie de me battre, de chercher d’autres méthodes.
J’ai consulté un homéopathe. Du point de vue humain,
c’était fantastique : j’étais enfin face à
un médecin qui m’écoutait, sans porter de jugements,
sans faire de sous-entendus insidieux. Mais pour ce qui est de l’efficacité,
j’étais dubitatif. Je n’ai été convaincu
que deux ans plus tard, au vu des résultats sanguins excellents
(le taux de mes T4 était remonté en flèche).
Cela
fait plus de dix ans que je me soigne en dehors des circuits « normaux
» et je ne suis plus retombé malade. Les médecins
allopathes me considèrent comme un cas. Je continue tout de même,
par précaution, à consulter une fois par an un médecin
de l’hôpital américain. Mais je suis content d’avoir
arrêté le suivi hospitalier que je jugeais déprimant
et infantilisant. Surtout à cause du comportement des médecins,
de leur manque de psychologie et de respect le plus élémentaire.
Les deux premières années de ma séropositivité,
par exemple, j’avais des ganglions partout et je pensais que j’allais
mourir. Un interne m’a lancé : « Vous savez ce que
vous avez et vous connaissez les conséquences. » J’étais
dans le désarroi le plus total. Pourquoi un médecin s’arrogeait-t-il
le droit de m’enfoncer davantage ? Je suis ravi aujourd’hui
d’avoir relevé le défi et d’être encore
là, frais et vaillant, dix-sept ans plus tard ! Je me suis battu
contre une vérité désarmante et j’ai gagné
une large manche, car tout est possible dans l’espoir, le refus
et la volonté.
Pascal, 36 ans, est chargé de communication.
L’homéopathie
uniciste
Pour ceux qui sont rebutés par la gestion compliquée d’une
ordonnance homéopathique « pluraliste » (différents
granules à alterner toutes les deux heures, à prendre les
jours pairs ou impairs, un dimanche sur deux, etc.), l’homéopathie
« uniciste » prescrit, par définition, un seul remède
à la fois. Quel que soit le nombre de symptômes, l’action
énergétique du remède mobilise les forces réactionnelles
de notre organisme. Parmi des centaines de produits, il faut donc trouver
la clé qui guérira à la fois la bronchite et l’ulcère,
et rééquilibrera durablement le terrain. L’homéopathe
uniciste ne réussit pas toujours du premier coup, mais lorsqu’il
y parvient, c’est spectaculaire. Ces spécialistes représentent
moins de 10 % des homéopathes français, alors que la Suisse
en compte deux sur trois.
•
Pour savoir s’il en existe un près de chez vous :
INHF (Institut national homéopathique français), 60, rue
Saint-Lazard, 75009 Paris.
ACUPUNCTURE : l’énergie est en nous
• Historique.
La plus « exotique » et la plus étrangère à
la pensée occidentale est, finalement, devenue la plus «
officielle » depuis qu’elle a acquis son droit de cité
dans l’enseignement universitaire de médecine. Il est vrai
que l’acupuncture a eu le temps de se faire connaître : cette
technique chinoise ancestrale — les plus vieilles aiguilles, en
pierre, datent de cinq mille ans — avait été importée
en Europe par les jésuites au XVIIe siècle. Normal qu’aujourd’hui,
il soit de bon ton de rendre visite à son acupuncteur !
•
Principe.
Selon la médecine chinoise, le bon état de notre santé
dépend d’une bonne circulation de l’énergie
vitale – le « ch’i » – dans notre corps.
Cette énergie emprunte un certain nombre de voies (les douze méridiens),
sur lesquelles sont situés des points. Lorsqu’un organe est
trop actif ou au contraire déficient, l’énergie ne
circule plus normalement. Il se crée soit une sorte de blocage
qu’il faut éliminer, soit un « trou » qu’il
faut réactiver pour traiter la maladie. Un diagnostic d’acupuncture
demande au moins trois quarts d’heure à la première
séance : entretien approfondi, observation de la langue, du teint,
palpation du corps (zones froides, tendues, etc.) et prise des «
pouls chinois », qui renseignent le praticien sur l’état
énergétique. Avec ses fines aiguilles, l’acupuncteur
stimule les points de passage de l’énergie de façon
à fortifier l’organe malade et à rétablir l’harmonie.
Pour un même symptôme, ces points ne sont pas forcément
les mêmes d’un patient à l’autre.
•
Points forts.
L’acupuncture manifeste également ses effets sur les plans
psychiques et émotionnels que l’Extrême-Orient n’a
jamais dissociés du physique, car le stress, le chagrin ou la colère
portent en eux les germes d’un déséquilibre. Son action
antidouleur a été maintes fois démontrée.
C’est un excellent moyen de traiter les infections chroniques ou
à répétition comme la colopathie, l’insomnie,
la dépression. Elle améliore l’hypertension, les allergies,
la migraine, la fatigue et les déséquilibres hormonaux.
•
Limites.
Comme toutes les thérapeutiques naturelles, il lui faut passer
la main à la chirurgie ou aux médicaments allopathiques
lorsque le corps n’a plus la capacité de réagir.
•
Précautions.
Il est impératif que les aiguilles soient jetables et à
usage unique. Un bon acupuncteur repère toujours le point avec
la main avant de piquer, il ne joue pas aux fléchettes et ne multiplie
pas le nombre des aiguilles (six ou huit au maximum) ! Sinon, comme avec
une ordonnance trop fournie, il ne peut plus maîtriser les interactions.
•
En pratique.
On compte environ sept mille médecins à « orientation
acupuncture » munis du diplôme universitaire officiel. Mais
n’importe quel médecin peut faire de l’acupuncture,
à condition de ne pas le mentionner sur sa plaque. Une poignée
d’acupuncteurs non-médecins sont aussi efficaces et compétents.
En général, deux ou trois séances suffisent. Puis,
on revient dès que des symptômes de déséquilibre
réapparaissent. Se renseigner avant sur les tarifs, ils peuvent
parfois être excessifs ! Il faut compter entre 200 et 350 francs.
•
TEMOIGNAGE :
Claudia : « J’ai appris à mieux me connaître
et à mieux me battre »
A 19 ans, j’ai eu une thrombophlébite cérébrale
dont les médecins n’ont jamais pu m’expliquer l’origine.
C’est par moi-même que, peu à peu, j’ai perçu
l’ensemble des facteurs qui avaient déclenché cette
crise. A l’époque, je prenais, en plus de la pilule, des
médicaments de sportif de haut niveau, j’évoluais
dans un milieu qui ne me convenait pas et, pour couronner le tout, je
sortais et buvais de manière excessive. J’ai donc compris
assez jeune que la médecine classique prêtait peu d’attention
à la globalité du corps et ignorait totalement le psychisme.
Mais il est difficile de sortir de ses habitudes, et j’ai mis dix
ans avant de remettre en question ma façon de me soigner.
Il
y a un an et demi, j’ai consulté un acupuncteur pour une
douleur chronique à la hanche : un médecin allopathe se
serait attaqué aux symptômes plutôt qu’aux causes
du mal. Il s’est révélé d’une efficacité
et d’une perspicacité psychologique étonnantes. Dès
la première séance, après lui avoir raconté
mon histoire, il m’a dit : « Vous semblez porter la douleur
d’un des membres de votre famille. » J’ai tout de suite
su qu’il touchait juste. Ça a été une révélation
– j’avais pourtant fait deux ans de psychothérapie.
Les consultations duraient environ une heure. L’entretien terminé,
il me plantait des aiguilles à des endroits bien définis
du corps et j’éprouvais une sensation de bien-être
immédiat. Je ressortais de chez lui apaisée et redynamisée.
Physiquement et mentalement. Car il m’aidait à mieux me connaître
et à me battre. Pour moi, ces séances faisaient partie d’un
travail de développement personnel.
C’est
d’ailleurs ce qui me séduit dans les médecines douces
: elles supposent une démarche de construction et non de constat.
Désormais, je n’ai plus une attitude passive face à
la maladie. Dès que quelque chose « monte », je fais
de la relaxation, je tente de percevoir d’où vient le mal,
pourquoi il survient à tel moment. J’essaie d’être
consciente de ce qui se passe dans mon corps et dans ma vie. Je suis persuadée
que c’est ainsi qu’on évite les maladies. Mais bien
sûr, il faudrait parvenir à une force psychique exceptionnelle
pour toujours les maîtriser, et ce n’est pas à la portée
de tous.
Claudia, 32 ans, est danseuse.
Versions
occidentalisées
• Certains médecins remplacent les aiguilles par un rayon
laser froid, indolore. Cette technique n’est plus vraiment de l’acupuncture,
mais elle est performante en traumatologie sportive.
• Inventée en 1952 par un médecin français,
Paul Nogier, l’auriculothérapie repose sur la même
méthode que l’acupuncture, mais le praticien ne pique que
le pavillon de l’oreille. C’est là que l’on retrouve
tous les points réflexes reliés, par le circuit nerveux,
à l’ensemble des zones du corps. Elle est utilisée
pour combattre la douleur, les sinusites, pour les cures antitabac, etc.
A la différence de son aînée, elle n’offre qu’un
traitement des symptômes et non un traitement de fond.
PHYTOTHERAPIE : le terrain est tout
• Historique.
Utilisée depuis l’aube des temps, c’est une très
vieille dame que les Français connais-sent depuis des lustres,
puisqu’elle fait partie de toutes les recettes de grands-mères
pour soigner nos petits bobos. Revenue sur le devant de la scène
dans les années 80, suite à la campagne militante, criarde
et controversée de Rika Zaraï, la phytothérapie fait
désormais partie de notre quotidien sous forme de tisanes calmantes,
de savons, de produits pour le bain, etc. Mais c’est aussi une médecine
à part entière, comme les médecines traditionnelles
ayurvédique et tibétaine.
•
Principe.
Face à la médecine classique, qui extrait des plantes leurs
principes actifs afin de renforcer leur action – non sans effets
secondaires – tisanes, décoctions et gélules «
naturelles » ont toujours conservé leurs partisans. Cependant,
chez certains médecins modernes, la phytothérapie va bien
plus loin. C’est une conception différente de la médecine,
mise au point dans les années 60 par le docteur Christian Duraffourd
sous le nom de « théorie endocrinienne du terrain ».
Selon cette école de phyto-aromathérapie, il ne suffit pas
de troquer un médicament classique pour une plante aux vertus analogues,
en suivant la même logique : un symptôme, un traitement. Toute
souffrance résulte d’un déséquilibre qu’il
faut corriger. A ses yeux, notre équilibre dépend avant
tout du système neuro-endocrinien (neurologique et hormonal), qui
coordonne tous les mécanismes de régulation de l’organisme.
Après des analyses biologiques affinées, le phytothérapeute
tente de rétablir le terrain optimal pour le patient, à
l’aide d’une stratégie visant à harmoniser les
systèmes biologiques qui interagissent les uns avec les autres.
Pour tel malade, il faudra freiner la thyroïde et stimuler le système
sympathique, pour tel autre mettre au repos des organes agressés.
Sous forme de gouttes de teintures mères, d’huiles essentielles,
parfois de gélules, les plantes lui permettent d’agir ainsi
simultanément à différents niveaux de l’organisme
sans effets secondaires.
•
Points forts.
Des consultations d’au moins une heure, un outil très fin
qui rééquilibre les maladies complexes, chroniques ou répétitives
(cystites, herpès, affections ORL, migraine, asthme), et, bien
sûr, les déséquilibres du système endocrinien
(problèmes hormonaux, de cholestérol, etc.).
•
Limites.
Peu de médecins sont bien formés à cette approche
(tout juste une cinquantaine en France) mais, après quelque dix
années de pause, un enseignement vient de reprendre à Paris.
C’est une médecine plutôt coûteuse (de 500 à
600 francs la séance et des ordonnances assez longues). Sa stratégie
à long terme demande de l’assiduité : deux cures de
plusieurs semaines au moins aux changements de saisons.
•
Précautions.
Efficaces, les plantes peuvent également se révéler
dangereuses. Le respect rigoureux de l’ordonnance s’impose.
•
En pratique.
Se renseigner auprès de la Société française
de phytothérapie et d’aromathérapie, 19, boulevard
Beauséjour, 75016 Paris. T. : 01.45.24.65.92.
•
TEMOIGNAGE :
Pierre-Jean : « Peut-être que le bien-être et le plaisir
protègent des maladies »
J’ai commencé à souffrir de violentes sinusites vers
l’âge de 22 ans. Elles revenaient chaque hiver et pouvaient
durer un mois. Le traitement était particulièrement pénible
: chaque jour, pendant une semaine, j’allais à l’hôpital
où j’attendais une heure avec des tubes dans le nez. Au bout
de cinq ans, j’en ai eu plus qu’assez. Et ce qui me déprimait,
c’est que je pensais être condamné à ce traitement
ma vie durant. Depuis un bout de temps, je trouvais que je vivais mal,
dans une ville trop polluée, avec des gens trop énervés.
Cette histoire de sinus a achevé de me convaincre qu’il fallait
changer de mode de vie.
J’ai
déménagé à Versailles, dans un petit pavillon
à proximité de la forêt. Cet hiver-là, comme
tous les autres, ma sinusite est revenue, mais je ne l’ai plus du
tout accueillie de la même manière. J’ai stoppé
net l’artillerie lourde : plus d’hôpital, plus d’antibiotiques.
Puis, en consultant divers ouvrages sur la phytothérapie, la naturopathie
et l’aromathérapie, je me suis autoprescrit des infusions
à base de thym, de pin bourgeon et de lavande pour dégager
les voies respiratoires, ainsi que du ginseng en ampoules pour stimuler
l’énergie. Parallèlement, j’ai modifié
mon alimentation. Pendant deux ou trois jours, pour purifier l’organisme
et éliminer les toxines, je n’ai absorbé que de l’eau,
puis je me suis alimenté très légèrement pendant
une semaine, en éliminant complètement la viande. Au bout
de cinq jours, ma sinusite avait complètement disparu.
Encouragé
par ce résultat, je suis devenu bio-végétérarien.
Impossible, évidemment, de savoir à quoi je dois cette guérison.
Les plantes ? La diète ? La forêt ? Tout cela à la
fois ? Ou, plus simplement, le nouvel état d’esprit dans
lequel je me trouvais ? Peut-être que le bien-être et le plaisir
protègent des maladies. Toujours est-il que je n’ai plus
eu de sinusites ou d’autres symptômes depuis vingt-trois ans.
Je pense que l’allopathie est incontournable dans certains cas,
surtout pour ce qui est ponctuel et aigu. Mais pour ce qui est bénin
et chronique, mieux vaut, à mon avis, tenter d’écouter
son corps et de se prendre en charge en utilisant les principes des plantes
et des médecines douces.
Pierre-Jean, 50 ans, est compositeur de musique.
Des
fleurs pour les humeurs
La maladie ne serait-elle pas un message de notre psychisme pour nous
pousser à changer notre mode de vie comme nos schémas mentaux
? C’est à partir de cette réflexion que le vénérable
docteur anglais Bach a mis au point, dans les années 30, ses trente-huit
élixirs floraux – de l’eau pure imprégnée
de l’« esprit » de fleurs ! Il existe aujourd’hui
une centaine d’élixirs censés agir de manière
douce pour rééquilibrer notre état émotionnel
et tous nos problèmes psychologiques : mélancolie, trac,
angoisse, découragement, manque de confiance en soi, etc. Depuis
une dizaine d’années, ces remèdes suscitent un formidable
engouement. Quelques gouttes posées sur la langue ou diluées
dans un verre d’eau aideraient à retrouver un bien-être,
souvent fragilisé par notre vie sociale ou affective. Vendus dans
les magasins bio et dans certaines parapharmacies, ces élixirs
sont, que l’on croit à leur action ou non, totalement inoffensifs.
LES AUTRES PISTES : Les méthodes foisonnent
dans le monde parallèle de la santé. Si certaines apportent
une aide réelle, d’autres sont davantage l’œuvre
de praticiens peu scrupuleux.
• Yoga et sophrologie
La pratique du yoga (lire témoignage ci-contre), comme celle de
la sophrologie ou des différentes techniques de relaxation, aide
à mieux ressentir son corps et à lâcher prise. Un
atout face aux troubles liés au stress.
•
Shiatsu
Ce massage énergétique, composante de la médecine
tradition-nelle chinoise, a été transformé au contact
de la culture japonaise. Le masseur se déplace le long des méridiens,
stimulant des points par étirements et pression des doigts, afin
de régulariser la circulation du « ch’i », l’énergie
vitale. En une heure, il peut relaxer l’esprit, soulager tensions
et raideurs, améliorer la respiration et la circulation, rééquilibrer
les organes. C’est plus une pratique de santé qu’une
médecine. Environ 250 francs la séance non remboursée.
Fédération française de shiatsu traditionnel, 48,
rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris.
T. : 01.60.29.56.24 ou 01.48.05.56.29
•
Chi gong, taï-chi et do-in
Autant d’exercices physiques orientaux très lents, ayant
pour but d’ouvrir et de tonifier les méridiens afin de faciliter
la circulation de l’énergie. Agissant aussi sur le mental,
ils donnent des résultats intéressants dans les maladies
liées au stress, à l’instar du yoga auquel ils ont
un peu volé la vedette ces dernières années.
Fédération de taï-chi-chuan et de chi gong. T. : 01.40.26.95.50.
Internet : www.fed-taichichuan. asso.fr
•
Réflexologie et digitopuncture
Ces deux pratiques constituent la version occidentalisée du shiatsu,
sans la vision globale et énergétique orientale. Elles considèrent
l’homme davantage comme une zone réflexe, chaque point correspondant
à un symptôme.
•
Naturopathie
Née au début du siècle dernier dans les pays anglophones,
en Europe centrale et en Scandinavie, la naturopathie est fondée
sur la conception holistique de l’homme, le respect et la mise en
œuvre de sa force vitale autoguérisseuse, et la primauté
de l’hygiène préventive. Elle enseigne l’art
de s’alimenter sainement, si besoin à l’aide de compléments
nutritionnels, et utilise plantes, minéraux, oligo-éléments,
algues, etc. Attention cependant. Elle rassemble sous sa bannière
des praticiens pas toujours recommandables : depuis les sympathicothérapeutes,
qui soulagent les maux du stress en glissant une tige dans le nez sur
des points réflexes, jusqu’aux iridologues qui incitent à
se passer d’un vrai diagnostic médical, en prétendant
faire un bilan organique et métabolique complet par l’examen
de l’œil. Certaines pratiques, en se référant
aux « grands courants médicaux traditionnels » (druidique,
sumérienne, égyptienne, cabalistique, maya, aztèque),
tiennent plutôt de la magie. De plus, elles incitent parfois à
renoncer aux traitements prescrits par les médecins.
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TEMOIGNAGE :
Belda : « Le yoga offre des réponses précises aux
maladies de notre civilisation »
A 20 ans, anémique, je m’évanouissais sur les plateaux
photo. J’étais mannequin et je me nourrissais de manière
très déséquilibrée. Mon médecin de
famille m’a conseillé de manger du foie et m’a prescrit
aussi de grosses tablettes de je ne sais quoi (les médecins détestent
qu’on leur pose des questions). Toujours est-il que cela n’a
servi à rien. Je continuais à m’évanouir.
Un
jour, en flânant dans une librairie, un petit livre de yoga m’est
tombé sous la main et j’ai lu cette phrase : « Nous
sommes ce que nous mangeons. » Ça m’a interpellée
et je me suis inscrite à un cours. Dès les premières
séances, j’ai éprouvé un soulagement immédiat.
En plus d’être anémiée, je souffrais également
d’une mauvaise circulation veineuse : mes chevilles et mes jambes
enflaient lorsque je restais debout trop longtemps. Eh bien, grâce
à une posture telle que « la chandelle » (pieds dirigés
vers le plafond), pratiquée bien sûr quotidiennement, je
me suis définitivement débarrassée de ce handicap.
Le
yoga offre des réponses précises aux maladies de notre civilisation
: stress, mal au dos ou constipation. Concernant cette dernière,
cela me peine beaucoup de savoir que la majorité de nos concitoyens
en souffre (notamment en voyage), alors qu’une minute et demi tous
les matins de prana yoga (art du souffle) traite radicalement ce problème
! Le yoga m’a aussi appris à m’alimenter autrement.
Et peu à peu, cette pratique – loin de se réduire
à de simples postures physiques – est devenue un moyen thérapeutique,
tout autant qu’un art de vie. Je l’ai bien sûr enseignée
à mes deux enfants dès leur plus jeune âge. Enceinte,
je l’ai pratiqué jusqu’au neuvième mois, et
mes grossesses furent des périodes de plénitude absolue
! Je n’ai pas vu de médecins depuis trente ans puisque je
n’ai pas été malade. Si je l’étais, j’essaierais
d’abord de me soigner par moi-même avant de consulter. Ce
qui ne signifie pas que je dénigre la médecine officielle.
Elle est incontournable dans certains cas. Mais tous mes efforts consistent
justement à ne pas en arriver là. Mieux vaut prévenir
que guérir, vous ne trouvez pas ?
Belda
Sisso, 50 ans, est professeur de yoga. Elle a écrit : « Saveurs
et Vertus de la spiruline », mamaeditions.com, 2001.
Peut-on
se faire rembourser ?
Seule l’homéopathie, reconnue par l’Ordre des médecins,
bénéficie
du remboursement par la Sécurité sociale. Mais en pratique,
un médecin généraliste qui vous pose des aiguilles
d’acupuncture ou un kinésithérapeute qui pratique
l’ostéopathie peut vous établir une feuille normale
de consultation remboursable. Aucun acte pratiqué par un non-médecin
n’est remboursé.
Erik Pigani, Marie-Christine Collinon et Monique Ayoun
mars 2001
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