4 - Modifier sa vision du monde.
Comme le dit le Dr. Christophe André dans son livre, nous avons une vision du monde qui repose sur 3 grandes familles de craintes phobiques :
- Le monde est dangereux, et j'ai peur de tout ce qui peut se passer ( le danger règne à l'extérieur ).
- Je ne suis pas fiable, et j'ai peur de mes propres réactions ( le danger peut aussi venir de l'intérieur ).
- Je ne suis pas capable de faire face, et je ne peux pas me faire confiance ( je ne peux survivre que par la fuite ou l'évitement ).
Le monde est dangeureux parce que nous adhérons à beaucoup de scénarios catastrophe : ce sont des prédictions catastrophiques, le plus souvent erronées, de ce qui va sûrement se passer en cas de confrontation. Par exemple : " Si je sors en plein hiver au centre commercial, je vais croiser des gens, respirer le même air qu'eux ; ces gens-là peuvent avoir une gastro-entérite et je vais l'attraper en respirant cet air-là. Je vais rentrer chez moi et dans les 48 heures qui vont suivre, je vais me mettre à vomir mes tripes ... "
Les scénarios catastrophe nous paraissent comme hautement probables et ont deux conséquences sur nous : l'évitement et la détresse. La confrontation par la réflexion ou par l'action sont le fondement de toute thérapie des phobies.
Je ne suis pas fiable parce que sous l'emprise de la peur, nous avons peur de perdre le contrôle de nous-mêmes. On interprète nos malaises physiques ( symptômes de l'angoisse : nausées, vertiges, suées, maux de ventre etc etc ) comme la preuve qu'il y a bien un danger. " Si j'ai des nausées, c'est bien parce que je vais vomir ". Nous nous engluons donc dans une spirale d'interprétations erronées ou excessives, basées sur une foi en ses sensations ou intuitions. cette confusion entre le ressenti et le réel montre bien le mauvais usage de notre hypersensibilité qui, au lieu de nous précipiter dans les stratégies d'adaptation à l'environnement, nous précipite dans l'affolement.
Je ne suis pas capable de faire face parce que nous pensons que nous ne disposons pas des ressources pour affronter la situation. Lorsque nous sommes obligés d'affronter pour une raison ou pour une autre, sans pouvoir éviter, nous aurons donc tendance à dépendre de solutions externes ( être toujours accompagné, se promener avec des anti-émétiques ou des bonbons à la menthe ... ) Cela explique aussi qu'on scrute immédiatement les recours que nous pourrons avoir dans les situations angoissantes ( chercher les wc des yeux etc etc ... )
Ces précautions sont également une forme atténuées d'évitements : elles empêchent de vérifier que le danger n'existe pas. Il faut arriver à les combattre peu à peu elles aussi.
Nous avons peur longtemps à l'avance lorsqu'on sait qu'on va devoir se confronter. Nous avons un vrai calendrier dans la tête, nous anticipons mais nous ruminons aussi après la confrontation ( par exemple, nous psychotons sur la gastro-entérite et après une sortie, nous sommes persuadés de l'avoir attrapé, nous ruminons pendant 48 heures ).