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Michelle
Larivey répond :
Si
l’enfant ou l’adolescent est déjà
suivi en psychothérapie, il serait important
de consulter son psychothérapeute pour savoir
quelle attitude prendre devant ses réactions
phobiques. Il y a essentiellement deux approches
pour tenter de résoudre les phobies. Les
méthodes utilisées dans les approches
du courant behavioriste (comportementaliste) consistent
à désensibiliser et à contrôler
ces réactions émotives. Dans les approches
des courants humaniste et psychanalytique, on mise
plutôt sur la résolution du problème
qui se trouve à la source de la phobie afin
de la faire disparaître.
Selon
mon expérience, comme je l’explique
dans , il n’est pas utile de tenter de “surmonter”
la phobie. C’est vrai dans la mesure où
surmonter signifie faire face à ce qui nous
angoisse en nous répétant qu’il
n’y a rien d’angoissant dans la situation
ou que c’est là une peur irrationnelle.
Ce n’est pas utile, car il se passe réellement
quelque choses dans la situation. Sauf que, contrairement
à ce que croit la personne, le problème
est dans sa vie et non dans la foule, le lieu public,
l’endroit clos, etc...
Il
est plus utile d’appliquer notre énergie
à cerner le problème qu’on évite
de résoudre que de la consacrer à
contrôler ce que l’on vit dans la situation
de phobie. Celle-ci devient ainsi une occasion de
se rendre réceptif à soi pour identifier
ce qui ne va pas. La psychothérapie est alors
consacrée à faire face à ce
qui nous pose problème dans notre vie et
à régler ces problèmes. Ce
faisant, la phobie disparaîtra naturellement.
Dans
cette perspective, bien sûr, il n’est
pas opportun d’encourager l’évitement
de ce qui permettrait d’identifier le problème
sous-jacent. Toutefois, si on force l’enfant
ou l’adolescent à faire face à
la réalité de sa vie qui lui pose
problème, sans lui fournir le support nécessaire
pour qu’il la confronte efficacement, il est
possible qu’il se rigidifie davantage plutôt
que de s’ouvrir à lui-même. Les
personnes aux prises avec des phobies ont peur du
contact avec elles-mêmes et elles sont souvent
mal équipées pour établir ce
contact. Il y a donc un travail préliminaire
à faire dans ce sens en psychothérapie.
Michelle
Larivey, psychologue.
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