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28 Août 2008 , bienvenue sur emetophobie.net
                 
Accueil > Paroles de psy > Indulgence ou confrontation à la phobie ?
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Indulgence ou confrontation de la phobie?

Comment les parents peuvent-ils aider un fils qui souffre de phobie sociale ou claustrophobie. Faut-il entrer dans son jeu, dans sa stratégie d'évitement?

Faut-il, par exemple, lui payer un studio seul pour lui éviter d'avoir à partager cuisine et salle de bains avec d'autres parce que cela lui provoque des angoisses? Faut-il inventer avec lui des mensonges pour excuser son absence à telle ou telle situation qui l'angoisse, etc..? Ou faut-il, au contraire, s'y opposer pour essayer de l'encourager à la surmonter?

Ceci, bien entendu, en attendant qu'un travail psychologique adéquat ait porté ses fruits et amélioré sa vie sociale. Nous sommes désemparés...

 

 

Michelle Larivey répond :

Si l’enfant ou l’adolescent est déjà suivi en psychothérapie, il serait important de consulter son psychothérapeute pour savoir quelle attitude prendre devant ses réactions phobiques. Il y a essentiellement deux approches pour tenter de résoudre les phobies. Les méthodes utilisées dans les approches du courant behavioriste (comportementaliste) consistent à désensibiliser et à contrôler ces réactions émotives. Dans les approches des courants humaniste et psychanalytique, on mise plutôt sur la résolution du problème qui se trouve à la source de la phobie afin de la faire disparaître.

Selon mon expérience, comme je l’explique dans , il n’est pas utile de tenter de “surmonter” la phobie. C’est vrai dans la mesure où surmonter signifie faire face à ce qui nous angoisse en nous répétant qu’il n’y a rien d’angoissant dans la situation ou que c’est là une peur irrationnelle. Ce n’est pas utile, car il se passe réellement quelque choses dans la situation. Sauf que, contrairement à ce que croit la personne, le problème est dans sa vie et non dans la foule, le lieu public, l’endroit clos, etc...

Il est plus utile d’appliquer notre énergie à cerner le problème qu’on évite de résoudre que de la consacrer à contrôler ce que l’on vit dans la situation de phobie. Celle-ci devient ainsi une occasion de se rendre réceptif à soi pour identifier ce qui ne va pas. La psychothérapie est alors consacrée à faire face à ce qui nous pose problème dans notre vie et à régler ces problèmes. Ce faisant, la phobie disparaîtra naturellement.

Dans cette perspective, bien sûr, il n’est pas opportun d’encourager l’évitement de ce qui permettrait d’identifier le problème sous-jacent. Toutefois, si on force l’enfant ou l’adolescent à faire face à la réalité de sa vie qui lui pose problème, sans lui fournir le support nécessaire pour qu’il la confronte efficacement, il est possible qu’il se rigidifie davantage plutôt que de s’ouvrir à lui-même. Les personnes aux prises avec des phobies ont peur du contact avec elles-mêmes et elles sont souvent mal équipées pour établir ce contact. Il y a donc un travail préliminaire à faire dans ce sens en psychothérapie.

Michelle Larivey, psychologue.

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