Bonjour,
je m'appelle Chantal, j'ai 26 ans.
Du
plus loin que je me souvienne, j'ai toujours eu peur
de vomir. Toute petite, j'avais peur de m'endormir de
peur de me réveiller et de vomir. Je combattais
le sommeil. Un jour, Je suis tombée sous le charme
d'un petit jouet que mon père avait offert a
ma mère, je lui ai donc subtilisé. C'est
devenu mon premier objet contraphobique. Je
l'ai accrocher à ma tête de lit. Je devais
lui donner un baiser avant de dormir et je faisais une
prière, alors j'arrivais à m'endormir.
Ensuite,
vers l'âge de 10 ans, j'ai découvert les
rollaids, médicament qui aide la digestion. Je
me suis mis à en prendre un chaque soir. Comme
j'ai des nausées en voiture depuis que je suis
nouveau-née, à l'adolescence, j'ai commencé
à traîner avec moi du pepto bismol, des
rollaids partout où j'allais. Je ne sortais pas
sans eux. Mes amies le savaient et me taquinaient avec
cela, mais sans plus. Ensuite, c'a été
les gravols, des anti-nausée. A
l'adolescence, je craignais constament d'être
malade, j'y songais pratiquement tout le temps. Mais
je restais fonctionnelle. Je me sentais en sécurité
avec mes gravols.
Si j'avais un long voyage à faire, je prenais
des gravols. Mais j'évitais de plus en plus de
faire de l'auto pendant plus de 15-20 minutes. Je me
rendais compte que ce n'était pas normal d'avoir
toujours si peur de vomir. Plus j'y pensais, plus j'avais
des nausées. J'ai vécu mon adolescence
en ayant des nausées plusieurs fois par jour.
Je me disais que lorsque je serais adulte, ca partirait.
Que c'était une peur enfantine. Mais à
20 ans, alors que je fréquentais un cégep
à une vingtaine de kilomètre de chez moi,
j'ai eu des fortes nausées soudaines, en plien
milieu d'un cours. Je suis sortie de mon cours, j'ai
pris mon auto et je suis partie chez moi. J'ai pris
des gravols, mais la nausée persitait, j'étais
à l'heure de pointe, dans le trafic. Je me sentais
prise, je devais traverser un pont, là, la nausée
étaità son apogée. J'avais peur
de vomir, de vomir partout dans mon auto, de causer
un accident, d'être obligée d'arrêter
mon auto sur le pont. J'angoissais totalement.
Arrivée chez moi, les nausées on disparu.
Les jours qui ont suivis, j'étais incapable de
me rendre au cégep, j'avais des maux de ventres,
des nausées, alora je virais de bord et je retournais
chez moi. Arrivée chez moi, j'allais bien. Mon
petit ami avec qui je vivais a commencé a venir
me reconduire à l'école, mais après
quelques jours, l'angoisse est revenue. Je lui ai dit
: " on retourne à la maison, je ne vais
pas bien ". J'étudiais la psychologie, je
me demandais qu'est-ce qui m'arrivait. J'ai téléphonéà
ma meilleure amie, en pleurant. Je savais que j'avais
la phobie de vomir, mais là elle était
devenue un handicap majeur dans ma vie.
Sous les conseils de mon amie, j'ai été
rencontré un psychologue, je devais commencer
àprendre des médicaments et àfaire
une thérapie, mais j'ai appris que j'étais
enceinte. Alors comme je ne pouvais pas prendre la médication
et que je me sentais pas prête à affronter
ma peur tous les jours en me promenant en voiture, j'ai
arrêté la thérapie. J'avais eu de
gros problèmes d'estomac dans mon adolescence,
alors il y avait plein de choses que je n'osais plus
manger depuis des années, de peur d'avoir mal
à l'estomac et de vomir et aussi tout aliment
que j'avais déjà vomi, je ne le mangeais
plus.
Mais
avec ma grossesse, mon appétit est revenu, je
mangais de tout ou presque. Il y avaits quelques aliments
que je ne voulais pas manger, ceux qui m'avaient déjà
rendue malade. Mais je mangeais des choses épicés,
grasses, ma grossesse a été bénéfique
pour ca. Je n'avais plus de douleurs à l'estomac.
Mais par contre, je ne sortais plus de chez moi. Sauf
quand je devais aller voir le docteur pour mon suivi
de grossesse, mais j'angoissais 2 jours à l'avance.
J'avais la diarrhée, la nuit qui précédait
le rendez-vous, je ne dormais presque pas.
Comme
je ne pouvais pas prendre de médicaments, je
machais de la gomme et pendant le trajet que je ne faisais
jamais seule, je m'occupais l'esprit avec des gratteux.
Ma fille est devenue mon univers, comme je ne sortais
pratiquement pas de la maison. Je pouvais aller aisément
partout dans mon quartier, mais je ne pouvais en sortir
sans que j'angoisse. Je sortais seulement pour les rendez-vous
importants. Lorsque ma fille a eu un an, j'étais
de nouveau enceinte. J'ai eu beaucoup de nausées
au debut de ma grosesse, durant le premier trimestre,
mais je n'ai jamais vomi et j'ai du apprendre à
les tolérer sans médicament.
Je
vis dans un petit quartier, un peu à la campagne,
donc il n'y a pas beaucoup de magasins. Alors j'ai commencé
à aller magasiner dans des magasins des quartiers
avoisinants. Je ne faisais qu'un magasin par sortie.
J'étais incapable de me promener dans les centres
commerciaux, j'angoissais. Les rares fois où
j'ai essayé, j'ai fait des crises de panique.
En
général , ma condition d'agoraphobie ne
me rendait pas malheureuse, j'étais bien chez
moi. Mais à quelques occasions, j'aurais bien
aimé pouvoir aller où je voulais sans
angoisser. J'ai eu une deuxième petite fille
que j'ai allaité pendant 13 mois. Donc, aucun
médicament pendant cette période. Mais
je me suis mise à sortir plus souvent, toujours
accompagnée de personnes en qui j'avais une totale
confiance, qui connaissait ma condition. Mais je n'allais
toujours pas très loin, je ne mangeais pas en
dehors de la maison, de peur d'avoir des nausée
dans l'auto.
J'ai
vécu des moments difficiles avec mon conjoint,
il avait de la difficulté à accepter ma
maladie. Je me suis séparée quelques semaines
avant mes 25 ans. J'étais beaucoup mieux, j'arrivais
à manger en dehors de chez moi, à aller
plus loin et seule. J'étais mère au foyer,
là, en devenant monoparental, je devais aller
travailler, mettre mes filles en garderie. Ce que je
redoutais. Je l'ai fait. J'ai trouvé du tavail
près de chez moi. J'ai rencontré quelqu\'un.
Aujourd'hui, le 12 février 2005, je travaille
dans une école secondaire, 25 heures par semaine
minimun. Ma fille la plus vieille va à la maternelle
et l'autre en garderie. Je suis même retournée
au cégep pour finir mes étude en septembre
2003, mais j'ai dû interrompre parce que j'attendais
à nouveau un enfant et je ne pouvais faire mes
stages enceinte. J'ai
fait une fais une fausse couche à 12 semaines,
après que j'avais abandonné mes cours.
Je compte un jour finir mes cours.
Aujourd'hui,
je mange des aliments que j'ai déjà vomi.
Je ne prend des gravol que dans de très rares
cas. Comme je travaille avec 1200 adolescents chaque
jour, il m'arrive d'angoisser, surtout quand c'est la
période de gastro. Chaque jour, j'ai peur de
l'attraper. Il m'arrive parfois de manquer le travail
parce que j'ai des nausées ou des maux de ventre
et je pense que je vais avoir la gastro. J'ai des opportunités
d'emploi qui s'offrent à moi, mais que je refuse,
car il sont plus loin de chez moi. Le fait que ma phobie
soit devenue une agoraphobie pendant une période
de ma vie et l'est encore m'a appris à la controler.
Maintenant, j'arrive à distinguer à 90%
mes nausées psychologiques et je prends 90% moins
de médicaments. Par contre, je les ais toujours
sur moi, en suppositoire, croquable ou en capelais à
avaler, je ne sors jamais sans eux.
Je
n'aime pas dormir ailleurs que chez moi, ni que personne
dorme chez moi. Je n'aime pas manger dans les restaurants,
mais il m'arrive d'y aller. Je ne m'en empêche
pas parce que c'est rempli de microbes, mais par peur
d'avoir la nausée dans un endroit public. Comme
j'ai déjà vomi étant enfant dans
un restaurant, il y a surement un lien. Voilà
4 mois que j'ai décidé d'aller consulter.
J'attend toujours mon tour sur la liste d'attente. J'ai
beau être mieux, il m'arrive de passer plusieurs
jours d'affilé sans même penser à
ma phobie. De ne pas avoir de nausée pendant
2 semaines d'affillé. J'ai même réussi
à être aux côtés de ma fille
lorsqu'elle vomissait, àtout ramasser. Ce que
je ne croyais jamais être possible. Mais je sais
que j'ai encore beaucoup de chemin à faire.
Pour
la première fois de ma vie, j'aspire à
vivre sans la contrainte de ma phobie. Je ne la veux
plus dans ma vie. Je veux pouvoir faire ce que je veux
quand je le veux. Je veux pouvoir travailler dans un
travail qui m'intéresse vraiment, où qu'il
soit. Je veux pouvoir arrêter de compter sur les
autres, pouvoir me débrouiller seule, ne plus
attendre après les autres pour aller où
j'ai envie d'aller. Qui sait pouvoir faire des choses
que je m'empèche de faire par peur que ca me
donne la nausée, comme les fêtes foraines,
prendre un verre d'alcool, conduire en étant
seule dans ma voiture quand il neige ou qu'il pleut
beaucoup sans souffrir d'angoisse. Arrêter d'avoir
si peur de la gastro au point de m'empêcher de
manger pendant des jours quand j'ai peur de l'avoir
et tant d'autres choses. Je me permets de croire que
c'est possible et que je suis sur la bonne voie.
C'est
la première fois que je viens sur ce site, de
même que c'est la première fois que je
lis sur ma phobie. Ca fait du bien de savoir que je
ne suis pas seule. J'ai aucune idée d'où
me vient ma phobie.
C'est
peut-être plat à dire, mais ça m'a
fait du bien de voir qu'il y en a qui sont pires que
moi. Je pensais que j'étais folle, je me doutais
que je n'étais pas seule dans mon cas, mais je
pensais être la pire. J'aimerais discuter avec
l'un d'entre vous.
Je
m'excuse si parfois mon histoire ne se suit pas, que
je me promène un peu, mais ça fait su
bien de raconter son histoire. J'ai surement oublié
plein de détails.
Chantal