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28 Août 2008 , bienvenue sur emetophobie.net
                 
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Tout d'abord, bonjour à tous.

2005 sera je pense une année marquante pour moi. En effet, je peux depuis peu mettre un mot sur ce mal qui me ronge, et qui nous ronge tous. Je suis émétophobe. Ce mot résonne dans ma tête comme une véritable révélation, une réelle prise de conscience d'être malade.

J'ai longtemps cherché les origines de cette phobie. Pourquoi avoir une peur incontrôlable de vomir ? Après tout, ce n'est rien, c'est même quelque chose de naturel !

Je me souviens d'une expérience assez troublante quand j'avais environ 4 ans. Ma mère, alors enceinte de ma petite soeur, avait mangé des champignons, qu'elle n'a pas digéré. Le bruit horrible de son vomi m'a réveillée en pleine nuit. Je crois que j'ai commençé à haïr cette chose car elle avait fait du mal à ma mère. Depuis cette expérience, les champignons ont bien-sûr été bannis de mon assiette, et je n'ai plus jamais dormi dans la même position que celle que j'avais dans mon lit cette nuit là, c'est-à-dire sur le ventre. Chaque soir, j'angoissais que ma mère soit à nouveau malade.

Petit à petit, les angoisses devenaient moins fréquentes, je ne m'empêchais pas de manger et j'avais une vie sociale comme toute les petites filles de mon âge. C'était vraiment plus la peur de voir et d'entendre quelqu'un vomir. Je me souviens qu'une fois à l'école, ma meilleure amie avait vomi. C'était dégoûtant. Je l'ai fui pendant une semaine, sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Même chose pour un garçon que j'aimais bien et qui était assis à côté de moi. Il a vomi et il y en avait partout sur mes cahiers, ma trousse ... Je vous laisse imaginer ma réaction. De plus, je partageais à cette époque une chambre avec ma soeur. C'est moi qui l'avait voulu, sa présence me rassurait, je me disais que si je n'étais pas bien, je n'étais pas seule. Et est arrivé ce qui devait arriver. Elle a eu une gastro terrible. Elle a vomi toute la nuit. Et je ne pouvais dormir nulle part ailleurs, ma mère refusant de me faire dormir dans son lit. Cette nuit a été un véritable traumatisme. Depuis, et pendant un long moment, je prenais trois Motilium par jour. Cela me rassurait. Je me disais qu'avec ça, de toutes façons, je ne pouvais pas vomir.

Là, cette phobie a véritablement commençé à me hanter. Au collège, dès que je sentais que j'avais mal au coeur, je faisais appeler ma mère au travail. J'ai commençé à avoir une peur panique des gastros, fuyais toutes les personnes ayant vomi, ou ayant des nausées. Je n'allais jamais aux toilettes du collège, m'imaginant y trouver du vomi, ou même s'il n'y avait rien, m'imaginant que quelqu'un y avait sûrement vomi un jour. Je voyais bien que j'étais différente de mes amies.

Au lycée, j'ai vécu la même chose, sauf qu'en plus, j'avais des diarrhées très régulières, ce qui venait se rajouter à l'angoisse de vomir. A cette époque, j'ai commençé à faire des rêves horribles sur des personnes proches, qui étaient malades et vomissaient partout, surtout sur moi. Cela se passait la plupart du temps sur un bateau.

Puis, la fac ... La véritable descente aux enfers. Période très déstabilisante pour tout étudiant. J'ai commençé à faire de grosses crises d'angoisse tous les soirs, je redoutais le moment d'aller dormir, j'avais peur de me réveiller en pleine nuit et d'avoir envie de vomir. Du coup, je dormais très peu et très mal, j'étais pâle toute la journée, aucune énérgie, je ne mangeais pas le midi, très peu le soir, et rebelotte la nuit. De plus, il y a une fille à la fac qui fais des crises de tétanie, elle tremble, elle a des horribles convulsions, elle fait des malaises, elle respire très mal, elle se plaint de maux de ventre atroces. C'est très choquant de voir ça, même pour des personnes qui ne sont pas aussi fragiles que moi. Bref, " à cause d'elle ", la fac est devenu un lieu que je redoute, car elle symbolise pour moi ces crises. Dès que je sens qu'elle ne va pas bien, je prends mes affaires et je m'en vais, plus pâle encore qu'elle, je tremble. Le risque était que je n'y aille plus du tout. Je me suis alors quand même forçée à y aller, sachant très bien que sinon je ne m'en sortirais pas. J'ai finalement eu mes partiels de droit avec mention bien, comme quoi j'ai fait le bon choix de persister.

J'attends la rentrée du 2ème semestre avec beaucoup d'appréhension. Sera-t-elle toujours là ? Ou aura-t-elle abandonné ?

Ces derniers temps, j'ai perdu près de 5 kilos. Je n'ose plus manger, ayant peur de ne pas digérer. Ma mère commence à s'inquiéter pour moi. Elle pense que je me suis mis dans la tête de faire un régime ! Si elle savait. Elle me croit anorexique. Pourtant je ne peux pas lui dire la vérité. Ma mère est quelqu'un de fort par rapport à ça, elle ne comprendrait pas, et penserait que je fais du cinéma. J'ai un ami depuis 3 ans maintenant. Nous projetons de nous mettre ensemble en appart l'année prochaine. Je crois qu'il va falloir que je lui en parle, car il sera confronté à mes crises d'angoisse. Je pense qu'il s'en doute déjà.
Ma vie est aujourd'hui un véritable calvaire. J'ai 18 ans et je ne sors pratiquement pas. Je ne bois évidemment pas, je ne vais pas à des fêtes où des personnes sont susceptibles de trop boire et de vomir. J'ai peur de l'avenir. Peur d'avoir des enfants, peur d'avoir un cancer et d'être obligée de faire une chimiothérapie, peur de voyager ( bateau, avion, voiture si je suis derrière ... ). Les nausées psychologiques ne me quittent pas de la journée. Et la nuit, j'ai toujours un cachet de Motilium et une bouteille d'eau sur ma table de nuit.
Moi qui pensait être seule, être folle, je sais maintenant grâce à ce site que beaucoup de personnes sont dans mon cas. Et quelque part, ça soulage. Cette phobie n'est pas vivable. Je veux tout faire pour m'en sortir. J'ai pris rdv chez un psychothérapeute hier, et ce site est un véritable soutien moral. Une seule question : pourquoi ne l'ai-je pas fait plus tôt ? Pourquoi attendre 14 ans ?

Maintenant, je le sais, 2005 est l'année de la victoire, il faut y croire. Tout le monde est capable de s'en sortir. Tout le monde a le droit à une véritable renaissance. Je veux que ma vie redevienne normale, ou plutôt qu'elle le devienne, car elle ne l'a jamais été.

Lison.


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