Bonjour
à tous !
Je m'appelle Marie et j'ai 16 ans. Depuis quelques temps,
je vais sur de nombreux sites consacrés à
l'émétophobie, et je trouve que c'est
très intéressant, et surtout très
rassurant, car je me sens moins seule dans ce calvaire.
Je vois que certaines personnes qui ont témoigné
ici ( notamment Aline ), sont plus touchées par
cette phobie que moi. Cependant cela me pourrit la vie
autant que vous tous ! Au passage je voudrais féliciter
Seb qui a su s'en sortir seul, et je trouve ça
formidable. Comme quoi, c'est pas définitif.
Personnellement, je ne sais pas d'où vient cette
phobie, ni quand elle s'est déclarée chez
moi. Je pense que je l'ai toujours eue, mais bon, je
me doute bien qu'il y a eu un facteur déclencheur
quand même, je ne suis pas née avec ...
En tout cas, je vis avec depuis toute petite, et j'ai
pourtant été très peu malade dans
ma vie ( pour tout vous dire, je me souviens exactement
de chaque fois où j'ai vomi ).
Je
n'ai jamais eu de gastro, ni quoi que ce soit de ce
genre. Cela fait 6 ans que je n'ai pas vomi, et pourtant
cette phobie me hante. J'ai plus peur de voir ou d'entendre
quelqu'un vomir que de vomir moi-même. Et si un
jour je sens que je vais être malade, il faut
qu'il y ait ma mère avec moi, sinon j'ai une
crise d'angoisse qui ne fait qu'amplifier mes nausées
( qui en général sont purement psychologiques
). C'est ça le plus dur, c'est que c'est psychologique
! Et l'esprit est très dur à contrôler
!
En
plus, cette phobie est plus forte que nous, et personne
ne la comprend réellement. Personnellement, mon
entourage trouve ça pathétique, stupide
et surtout dénué de sens. Je veux bien
les croire, car moi-même je trouve ça stupide
au possible. Mais c'est comme ça. Cette année
je vais beaucoup mieux, car j'ai beaucoup travaillé
sur moi-même ( de toutes façons, on ne
peut compter que sur soi ). L'an dernier je pense que
c'était la pire année de ma vie, car j'étais
littéralement obsédée par ça.
Cela s'est déclenché de plus belle lorsque
ma cousine a été malade devant moi à
une fête foraine. Je l'ai évitée
pendant une semaine, je n'osais plus manger, ni prendre
l'ascenceur, ni la voiture, ne parlons pas des parcs
d'attraction ... J'étais tétanisée
à l'idée de monter en voiture, alors qu'avant,
cela ne m'embêtait pas plus que ça. Depuis
ce jour ( cela fait 2ans ), j'y pense constamment, bien
que cela se soit atténué maintenant.
L'an
dernier, j'ai perdu 5 kilos en moins de 3 semaines,
et je pensais à une solution : me faire vomir,
pour enfin en finir avec tout ça. Mais vous imaginez
bien que je n'ai pas eu le courage de le faire. En plus,
cela m'aurait détourné vers une autre
maladie qui est encore plus grave. Au jour d'aujourd'hui,
bien que moins obsédée par l'émétophobie,
je n'en demeure pas moins soucieuse, car je ne sais
pas comment ni quand l'arrêter, et j'ai peur que
cela continue encore longtemps. Cela m'empêche
de m'amuser avec mes amis quand ils vont dans des parcs
d'attraction ou quand ils font des voyages scolaires.
Mais je continue de faire des efforts et je pense que
le jour où je vais vomir tout cela cessera (
espérons ! ). En attendant l'heureux événement
( je plaisante bien sûr ), je vous souhaite à
tous bon courage, et rassurez-vous vous n'êtes
pas seuls, et dites-vous que votre esprit n'est pas
le maître, c'est vous qui décidez de ce
que vous voulez faire, et il faut beaucoup en parler
avec des gens concernés par cette " maladie
".
Ah, autre chose : j'ai adopté quelques petites
astuces pour me rassurer en cas de panique imminente:
- j'ai constamment des chewing-gum sur moi, et j'en
mâche en moyenne 2 à 3 par jour
- j'ai toujours des mouchoirs à la menthe sur
moi, au cas où une odeur désagréable
me donnerait des nausées
- dans la voiture, je me mets de préférence
devant, car on est moins secoué, et j'ouvre la
fenêtre
- lorsque je me sens mal à l'approche d'un voyage,
mon aliment " secours " est le pain : car
il est simple, et je suis sûre de ne pas être
malade en en mangeant. Le coca m'aide beaucoup aussi
- lorsque j'ai peur de vomir et que je suis persuadée
que ça va m'arriver ( souvent c'est psychologique
), je me dis : vas-y, tu seras malade comme ça
tu seras débarrassée ! Et je mâche
un chewing gum et tout passe très vite
- et enfin le principal conseil est d'en parler à
une personne de confiance, ou alors aller voir un psy
si ça peut vous aider, car dans toute épreuve,
j'insiste : il faut un soutien. Pour certains, très
fragiles, s'en sortir seul reste impossible. Pour d'autres,
ils arrivent à s'en sortir seuls. Tant mieux
pour eux. Personnellement, j'en parle à ma mère,
qui est la seule à savoir comment me rassurer
en cas de panique
Sur
ce, je vous embrasse tous très fort
Marie
C'est
encore moi ! Marie ! Aujourd'hui, le 04/05/05, j'ai
vomi ! Désolée pour les détails,
mais je pense avoir beaucoup moins peur de ça
maintenant ... Je me suis rendue compte que c'est vraiment
rien de spectaculaire ! C'est sûr que c'est pas
ce qu'il y a de plus agréable, mais bon ... C'est
une simple réaction de notre organisme face à
quelque chose qui ne passe pas. En plus, ça soulage
! Je me demande encore pourquoi j'en ai fait toute une
histoire !
Sincèrement, je pense que c'est en partie passé,
que j'aurai moins de mal à affronter l'émétophobie
à présent ! Vraiment, c'est pas si terrible
que ça ! Dites-vous bien que ça soulage
! C'est tout !
Encore bon courage à
vous tous !!!!!!
Marie