Bonjour
à tous!
Je suis donc émétophobe. Je le suis depuis... Toujours!
En fait, je n'ai pas de souvenir d'avoir exister sans.
Comme tout émétophobe, je soupçonne tout le monde
d'avoir envie de vomir, j'ai peur de l'hiver et de
ses gastros, j'ai des difficultés à manger (plus encore
quand c'est hors de chez moi), je déteste les transports
en commun... Je suis sous Prozac depuis 3 ans maintenant.
Cela a été très efficace pour moi. En outre, j'ai
engagé une thérapie comportementale qui s'est aussi
révélée positive. Si vous voulez en savoir plus ou
me faire part de vos expériences, conseils, inquiétudes...
, n'hésitez pas.
A bientot et portez vous bien.
Rachel :)
Je
vous fais une petite présentation, histoire que l’on
puisse tous se situer … Je suis émétophobe, moi aussi.
Enfin, je crois… J’ai certes une peur atroce de vomir,
mais j’ai aussi une peur terrible que les autres vomissent.
Et ce, pas du tout parce que je pourrais attraper
quoi que ce soit. C’est une réaction de fuite, il
faut absolument que je sorte de la pièce, que je m’éloigne
à tout prix. C’est complètement instinctif. Et je
soupçonne tout le monde d’avoir envie de vomir. Voir
quelqu’un qui se penche dans la rue me fait changer
de trottoir parce que je crois qu’il est en train
de vomir… Je ne sais pas vraiment quand tout
ça a commencé. Je me souviens toujours d’avoir eu
cette peur. Il y a plusieurs raisons envisageables,
mais de réfléchir à tout ça ne m’a jamais libérée…
J’ai eu honte longtemps et par conséquent, j’ai menti
pendant des années. Je tombais toujours malade les
veilles de départ en voyages, j’avais immanquablement
quelque chose de très important à faire ailleurs et
immédiatement si quelqu’un se sentait mal près de
moi… Et puis, quelques jours avant mes 15 ans, quelqu’un
m’a vomi sur les pieds. Ca a été horrible, et j’ai
fuit sans même m’en rendre compte. Une copine a perçu
combien j’étais troublée et a voulu m’accompagner.
Je ne me souviens ni comment ni pourquoi, mais je
lui ai tout raconté. Et au lieu de se moquer comme
je pensais qu’elle allait faire, elle m’a écouté et
a compatit… Puis peu à peu, j’ai commencé à en parler
autour de moi. J’ai vu en tout 9 psychiatres différents…
Et pourtant, je continue à croire que mon salut ne
peut venir que d’un spécialiste. Je n’arrive pas à
me dire que je peux y arriver toute seule… Une année,
l’hiver a été trop difficile et j’ai été confronté
plusieurs fois de suite à des vomissements sans possibilité
de fuite, et le médecin, m’ayant retrouvée dans un
état lamentable, m’a fait rentrer à l’hôpital psy.
Les choses ont commencé à vraiment changer. J’ai commencé
à prendre du Prozac qui s’est révélé très efficace
sur les obsessions : j’ai arrêté de faire des cauchemars
où tout le monde vomissait tout le temps, j’ai arrêté
de soupçonner tout le monde d’avoir envie de vomir,
j’ai arrêté de craindre tout ce qu’il y avait dans
mon assiette… Et puis, j’ai commencé aussi une thérapie
comportementale qui s’est révélée plutôt efficace.
Aujourd’hui, j’ai toujours peur. Plus ou moins selon
les périodes. Mais en tout cas, je mange à peu près
normalement, j’arrive à nouveau à sortir le soir avec
des amis et à aller au restaurant, j’arrive à monter
en voiture après avoir mangé…
Voici
un petit briefing sur ma thérapie comportementale
... Il y a deux ans à peu près, je me suis donc présentée
chez un psy dont j'avais pas mal entendu parler. Et
une des premières choses qu'il m'a dit, c'est qu'il
n'y avait aucune phobie contre laquelle on ne pouvait
rien faire et qu'on allait s'en occuper ensembles.
J'ai dit "OK", j'étais déjà plutôt rassurée.
La thérapie cognitivo-comportementaliste (pour être
exacte!) ne se préoccupe pas des raisons, mais seulement
des symptômes. Les principes de base sont simples:
il s'agit de casser la honte qui est une des raisons
de vivre de la phobie et de se confronter à sa peur
progressivement. Il y a pleins de moyens que le psy
m'a proposé d'appliquer comme je le souhaitais. Un
des procédés de base vers la voie de la maîtrise des
symptômes est bien-sûr la relaxation, la maîtrise
de la respiration, l'écoute de ses pensées automatiques...
Et puis, il y a l'écriture. Mon psy me conseillait
à chaque crise d'angoisse de noter toutes mes pensées,
surtout celles qui me faisaient le plus honte...
Et puis, ensuite, une fois que j'ai su me répondre,
une fois que j'ai su classer les situations qui me
faisaient peur sur une échelle de -10 ( la plus grosse
trouille ) à -1 ( la situation qui pose un problème,
mais tout petit-petit ), j'ai commencé les exercices
de confrontation. Il s'agissait de commencer par les
situations qui me faisaient le moins peur, et de les
vivre pleinement pendant 45 minutes (un cycle d'angoisse)
à chaque fois jusqu'à ce que je n'ai plus peur et
de passer ensuite à une situation qui me faisait un
peu plus peur, mais qui était devenue celle qui me
faisait le moins peur puisque l'autre ne me faisait
plus rien ( heu... est-ce que c'est clair?...).
Il y a aussi la confrontation en imagination. Il s'agit,
seule ou non ( personnellement, je le faisais surtout
avec mon copain ), de s'imaginer en situation angoissante
(niveau -5 ) au cours d'une séance de relaxation afin
de s'entraîner à maîtriser ses symptômes quand on
est bien détendue pour pouvoir le faire quand on est
réellement en situation par hasard.
Et tous ces exercices sont à faire tous les jours...
Vous comprenez pourquoi c'est très éprouvant. Mais
comme je vous l'ai déjà dit, cela s'est révélé vraiment
efficace. Petit à petit, j'ai réussi avoir moins honte,
à me détendre dans la rue, à dormir correctement,
à en parler avec sérénité ...Et en fait, c'est si
simple que cela, quand la peur ne fait plus honte,
quand on est capable de l'évoquer avec détachement
et tranquillité auprès de n'importe qui, et quand
d'autre part, on n'est plus surmené nerveusement parce
qu'on cauchemarde et que l'on angoisse toute la journée,
hé bien, la phobie se met à se désagréger toute seule,
elle n'a plus de raison d'être et disparaît petit
à petit sans que l'on s'en aperçoive... Mais c'est
beaucoup de travail et il faut être capable de se
dire "oui, je souhaite consacrer au moins une
heure par jour à ma phobie. Oui, j'accepte de ne pas
vivre comme tous le monde..." Et je dois avouer
qu'à 22 ans, ça m'est très difficile..."
Alors, j'ai fait une pause. J'ai arrêté momentanément
parce que je n'ai plus le temps : j'ai un job, je
vais à la fac, je fais pas mal d'activités ... En
tout cas, je pense qu'il faut y croire, que surtout
il est important de sélectionner les gens dont on
s'entoure, d'oser tout dire même et surtout les choses
dont on est persuadé qu'elles sont complètement ridicules...
J'ai
peu de temps car je pars à Paris dans la famille de
mon copain pour 3 jours dans 1 heure... J'ai évidemment
peur. Ca me contrarie de rester dans le train et le
RER. Et puis, il y a aussi le fait que je vais être
chez des gens que je ne connais pas très bien ...Je
vais manger chez eux, dormir chez eux ... Peut-être
faire une crise d'angoisse chez eux alors que j'ignore
s'ils sont tolérants par rapport à ça... J'angoisse.
Ce
voyage à Paris a été très difficile. Depuis 2-3 jours,
j'étais perpétuellement angoissée et j'avais fait
2 bonnes crises sans raison apparente. Le matin, quelques
heures avant de partir, je stressais énormément. Je
pensais que ça se stabiliserait, mais quand on a raté
le premier train par ma faute parce que je cherchais
une revue pour me changer les idées, j'ai commencé
à culpabiliser alors que mon copain ne m'en voulait
pas du tout et quand on est monté dans le train, en
quelques secondes, l'angoisse a monté. J'ai pris un
demi Lexomil et j'ai marché le long du train pendant
près d'une demie heure jusqu'à ce que le médicament
fasse effet. Après, à Paris même, ça a été. En fait,
l'oncle et la tante de mon copain ont été très tolérants
au niveau de la nourriture et n'ont posé aucune question
quand je mangeais peu. En plus sa tante n'a fait que
des trucs légers et les repas ne duraient pas longtemps.
Le deuxième jour s'est donc très bien passé. Mais
le troisième jour, quand il a été question d'aller
dans Paris même en passant par le RER, ça a été la
cata ... Déjà sur le quai, je paniquais. Mon copain
essayait de me rassurer comme il pouvait, mais rien
à faire. Et quand je suis montée dedans, j'ai fais
la crise d'angoisse la pire que je n'ai pas fait depuis
longtemps ... Sous 3/4 de Lexomil, ça ne passait pas
J'avais des étourdissements, je ne pouvais pas m'asseoir,je
tremblais, j'avais le respiration coupée. A toutes
les stations, il fallait que je me retienne pour ne
pas descendre. J'en ai un souvenir affreux, sans parler
de la nausée horrible que j'ai ressenti. La ballade
après dans Paris et la visite de l'expo Buren à Beaubourg
se sont bien passées (un peu dans le pâté!), mais
dès que je pensais au train,j'angoissais. Alors mon
copain m'a conseillé de reprendre un quart de Lexo
une demie heure avant le départ, ce que j'ai fait
et j'ai dormi pendant tout le trajet ! Le lendemain,
j'avais trop la trouille de devenir complètement cloîtrée
et je suis allée voir mon médecin qui m'a remis sous
le même traitement que quand je suis sortie de l'hôpital
(1/2 Lexo 3 fois par jour et 2 prozac) pour me redonner
confiance en moi en me permettant de vivre normalement.
En effet, ça va mieux. J'ai fait un début de crise
chez ma mère, mais j'ai bien géré en allant marcher.
Je dors beaucoup (peut-être pour oublier). En fait,
il se pose beaucoup de problèmes à moi en ce moment.
Entre autres, un choix très important à faire pour
mon orientation l'année prochaine et comme je suis
une angoissée de l'avenir, je crois que ça joue pas
mal sur mon état.