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28 Août 2008 , bienvenue sur emetophobie.net
                 
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Bonjour à tous!

Je suis donc émétophobe. Je le suis depuis... Toujours! En fait, je n'ai pas de souvenir d'avoir exister sans. Comme tout émétophobe, je soupçonne tout le monde d'avoir envie de vomir, j'ai peur de l'hiver et de ses gastros, j'ai des difficultés à manger (plus encore quand c'est hors de chez moi), je déteste les transports en commun... Je suis sous Prozac depuis 3 ans maintenant. Cela a été très efficace pour moi. En outre, j'ai engagé une thérapie comportementale qui s'est aussi révélée positive. Si vous voulez en savoir plus ou me faire part de vos expériences, conseils, inquiétudes... , n'hésitez pas.

A bientot et portez vous bien.
 

Rachel :)


Je vous fais une petite présentation, histoire que l’on puisse tous se situer … Je suis émétophobe, moi aussi. Enfin, je crois… J’ai certes une peur atroce de vomir, mais j’ai aussi une peur terrible que les autres vomissent. Et ce, pas du tout parce que je pourrais attraper quoi que ce soit. C’est une réaction de fuite, il faut absolument que je sorte de la pièce, que je m’éloigne à tout prix. C’est complètement instinctif. Et je soupçonne tout le monde d’avoir envie de vomir. Voir quelqu’un qui se penche dans la rue me fait changer de trottoir parce que je crois qu’il est en train de vomir…  Je ne sais pas vraiment quand tout ça a commencé. Je me souviens toujours d’avoir eu cette peur. Il y a plusieurs raisons envisageables, mais de réfléchir à tout ça ne m’a jamais libérée… J’ai eu honte longtemps et par conséquent, j’ai menti pendant des années. Je tombais toujours malade les veilles de départ en voyages, j’avais immanquablement quelque chose de très important à faire ailleurs et immédiatement si quelqu’un se sentait mal près de moi… Et puis, quelques jours avant mes 15 ans, quelqu’un m’a vomi sur les pieds. Ca a été horrible, et j’ai fuit sans même m’en rendre compte. Une copine a perçu combien j’étais troublée et a voulu m’accompagner. Je ne me souviens ni comment ni pourquoi, mais je lui ai tout raconté. Et au lieu de se moquer comme je pensais qu’elle allait faire, elle m’a écouté et a compatit… Puis peu à peu, j’ai commencé à en parler autour de moi. J’ai vu en tout 9 psychiatres différents… Et pourtant, je continue à croire que mon salut ne peut venir que d’un spécialiste. Je n’arrive pas à me dire que je peux y arriver toute seule… Une année, l’hiver a été trop difficile et j’ai été confronté plusieurs fois de suite à des vomissements sans possibilité de fuite, et le médecin, m’ayant retrouvée dans un état lamentable, m’a fait rentrer à l’hôpital psy. Les choses ont commencé à vraiment changer. J’ai commencé à prendre du Prozac qui s’est révélé très efficace sur les obsessions : j’ai arrêté de faire des cauchemars où tout le monde vomissait tout le temps, j’ai arrêté de soupçonner tout le monde d’avoir envie de vomir, j’ai arrêté de craindre tout ce qu’il y avait dans mon assiette… Et puis, j’ai commencé aussi une thérapie comportementale qui s’est révélée plutôt efficace.
Aujourd’hui, j’ai toujours peur. Plus ou moins selon les périodes. Mais en tout cas, je mange à peu près normalement, j’arrive à nouveau à sortir le soir avec des amis et à aller au restaurant, j’arrive à monter en voiture après avoir mangé…


Voici un petit briefing sur ma thérapie comportementale ... Il y a deux ans à peu près, je me suis donc présentée chez un psy dont j'avais pas mal entendu parler. Et une des premières choses qu'il m'a dit, c'est qu'il n'y avait aucune phobie contre laquelle on ne pouvait rien faire et qu'on allait s'en occuper ensembles. J'ai dit "OK", j'étais déjà plutôt rassurée. La thérapie cognitivo-comportementaliste (pour être exacte!) ne se préoccupe pas des raisons, mais seulement des symptômes. Les principes de base sont simples: il s'agit de casser la honte qui est une des raisons de vivre de la phobie et de se confronter à sa peur progressivement. Il y a pleins de moyens que le psy m'a proposé d'appliquer comme je le souhaitais. Un des procédés de base vers la voie de la maîtrise des symptômes est bien-sûr la relaxation, la maîtrise de la respiration, l'écoute de ses pensées automatiques...
Et puis, il y a l'écriture. Mon psy me conseillait à chaque crise d'angoisse de noter toutes mes pensées, surtout celles qui me faisaient le plus honte...
Et puis, ensuite, une fois que j'ai su me répondre, une fois que j'ai su classer les situations qui me faisaient peur sur une échelle de -10 ( la plus grosse trouille ) à  -1 ( la situation qui pose un problème, mais tout petit-petit ), j'ai commencé les exercices de confrontation. Il s'agissait de commencer par les situations qui me faisaient le moins peur, et de les vivre pleinement pendant 45 minutes (un cycle d'angoisse) à chaque fois jusqu'à ce que je n'ai plus peur et de passer ensuite à une situation qui me faisait un peu plus peur, mais qui était devenue celle qui me faisait le moins peur puisque l'autre ne me faisait plus rien ( heu... est-ce que c'est clair?...).
Il y a aussi la confrontation en imagination. Il s'agit, seule ou non ( personnellement, je le faisais surtout avec mon copain ), de s'imaginer en situation angoissante (niveau -5 ) au cours d'une séance de relaxation afin de s'entraîner à maîtriser ses symptômes quand on est bien détendue pour pouvoir le faire quand on est réellement en situation par hasard.
Et tous ces exercices sont à faire tous les jours... Vous comprenez pourquoi c'est très éprouvant. Mais comme je vous l'ai déjà dit, cela s'est révélé vraiment efficace. Petit à petit, j'ai réussi avoir moins honte, à me détendre dans la rue, à dormir correctement, à en parler avec sérénité ...Et en fait, c'est si simple que cela, quand la peur ne fait plus honte, quand on est capable de l'évoquer avec détachement et tranquillité auprès de n'importe qui, et quand d'autre part, on n'est plus surmené nerveusement parce qu'on cauchemarde et que l'on angoisse toute la journée, hé bien, la phobie se met à se désagréger toute seule, elle n'a plus de raison d'être et disparaît petit à petit sans que l'on s'en aperçoive... Mais c'est beaucoup de travail et il faut être capable de se dire "oui, je souhaite consacrer au moins une heure par jour à ma phobie. Oui, j'accepte de ne pas vivre comme tous le monde..." Et je dois avouer qu'à 22 ans, ça m'est très difficile..."
Alors, j'ai fait une pause. J'ai arrêté momentanément parce que je n'ai plus le temps : j'ai un job, je vais à la fac, je fais pas mal d'activités ... En tout cas, je pense qu'il faut y croire, que surtout il est important de sélectionner les gens dont on s'entoure, d'oser tout dire même et surtout les choses dont on est persuadé qu'elles sont complètement ridicules...


J'ai peu de temps car je pars à Paris dans la famille de mon copain pour 3 jours dans 1 heure... J'ai évidemment peur. Ca me contrarie de rester dans le train et le RER. Et puis, il y a aussi le fait que je vais être chez des gens que je ne connais pas très bien ...Je vais manger chez eux, dormir chez eux ... Peut-être faire une crise d'angoisse chez eux alors que j'ignore s'ils sont tolérants par rapport à ça... J'angoisse.


Ce voyage à Paris a été très difficile. Depuis 2-3 jours, j'étais perpétuellement angoissée et j'avais fait 2 bonnes crises sans raison apparente. Le matin, quelques heures avant de partir, je stressais énormément. Je pensais que ça se stabiliserait, mais quand on a raté le premier train par ma faute parce que je cherchais une revue pour me changer les idées, j'ai commencé à culpabiliser alors que mon copain ne m'en voulait pas du tout et quand on est monté dans le train, en quelques secondes, l'angoisse a monté. J'ai pris un demi Lexomil et j'ai marché le long du train pendant près d'une demie heure jusqu'à ce que le médicament fasse effet. Après, à Paris même, ça a été. En fait, l'oncle et la tante de mon copain ont été très tolérants au niveau de la nourriture et n'ont posé aucune question quand je mangeais peu. En plus sa tante n'a fait que des trucs légers et les repas ne duraient pas longtemps. Le deuxième jour s'est donc très bien passé. Mais le troisième jour, quand il a été question d'aller dans Paris même en passant par le RER, ça a été la cata ... Déjà sur le quai, je paniquais. Mon copain essayait de me rassurer comme il pouvait, mais rien à faire. Et quand je suis montée dedans, j'ai fais la crise d'angoisse la pire que je n'ai pas fait depuis longtemps ... Sous 3/4 de Lexomil, ça ne passait pas J'avais des étourdissements, je ne pouvais pas m'asseoir,je tremblais, j'avais le respiration coupée. A toutes les stations, il fallait que je me retienne pour ne pas descendre. J'en ai un souvenir affreux, sans parler de la nausée horrible que j'ai ressenti. La ballade après dans Paris et la visite de l'expo Buren à Beaubourg se sont bien passées (un peu dans le pâté!), mais dès que je pensais au train,j'angoissais. Alors mon copain m'a conseillé de reprendre un quart de Lexo une demie heure avant le départ, ce que j'ai fait et j'ai dormi pendant tout le trajet ! Le lendemain, j'avais trop la trouille de devenir complètement cloîtrée et je suis allée voir mon médecin qui m'a remis sous le même traitement que quand je suis sortie de l'hôpital (1/2 Lexo 3 fois par jour et 2 prozac) pour me redonner confiance en moi en me permettant de vivre normalement.
En effet, ça va mieux. J'ai fait un début de crise chez ma mère, mais j'ai bien géré en allant marcher. Je dors beaucoup (peut-être pour oublier). En fait, il se pose beaucoup de problèmes à moi en ce moment. Entre autres, un choix très important à faire pour mon orientation l'année prochaine et comme je suis une angoissée de l'avenir, je crois que ça joue pas mal sur mon état.

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