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28 Août 2008 , bienvenue sur emetophobie.net
                 
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Je voudrais vous dire le bien que cela m'a fait de découvrir que je ne suis pas un cas unique, que d'autres vivent le calvaire que j'ai vécu à peu près pendant dix ans. J'ai enfin réussi à mettre un nom sur les problèmes tellement étranges que j'ai vécus, en me heurtant toujours à l'incompréhension des autres, ce qui fait que je me demandais toujours de quelle bizarre et monstrueuse maladie j'étais atteinte !

A présent, je suis « en rémission » depuis bientôt vingt ans. C'est-à-dire que je ne suis plus obsédée et comme mes angoisses ont disparu, mes nausées ont disparu aussi. Je n'ai pas suivi de psychothérapie, ni de traitement spécial. Il m'a suffi de rencontrer mon mari, de devenir mère de deux enfants. Je ne suis pas guérie, je ne le serai jamais totalement.

Si j'assume parfaitement les vomissements de mes enfants, par contre, en cas de gastro-entérite, je cesse de manger le soir pendant une semaine pour ne pas risquer d'être surprise dans mon sommeil. Je suis toujours angoissée par la promiscuité, les milieux clos et au cinéma ou au concert, je m'arrange toujours pour être en bout de rangée afin de pouvoir sortir rapidement si besoin est. J'ai toujours du motilium et de l'itinérol sur moi. Autrefois, je ne me déplaçais jamais sans mes pastilles de menthe et alcool du même nom et j'étais terriblement angoissée à l'idée de manger ou dormir chez les autres ( pourrai-je allumer, me lever la nuit en cas de malaise ? ).

J'ai aussi été à la limite de l'anorexie et, comme pour la plupart d'entre vous, éviter de manger pour ne pas grossir me paraissait un minuscule problème en comparaison avec le mien. Combien j'aurais préféré avoir des kilos en trop et cette angoisse en moins ! Moi aussi j'ai pensé « plutôt mourir » et j'aurais mille fois préféré me casser les bras et les jambes.

Ma peur panique provoquait des nausées et mes nausées me provoquaient des peurs paniques. Je n'arrivais pas à casser ce cercle vicieux. Les médicaments habituels ne me soulageaient que momentanément. J'avais inventé des jeux de gymnastique mentale au moment de m'endormir ( le pire moment ), je me concentrais aussi sur une autre partie de mon corps, par exemple, je m'arrangeais pour me faire des crampes ou des fourmis dans les membres. J'aimais avoir mal ailleurs parce que c'était une douleur normale et agréable tant qu'elle n'était pas liée à des maux d'estomac, des vertiges ou des nausées.

Je ne vais pas vous faire l'historique de ma phobie, peut-être une autre fois. Mais je crois savoir les origines de ce mal.

A présent, je ne pense pas perpétuellement à ma peur comme c'était le cas avant, et je ne m'angoisse plus qu'en situation réelle. Je supporte de voir vomir même si je trouve cela très désagréable. Je n'ai jamais vomi depuis l'âge de 12 ans, même durant mes grossesses. En fait, j'ai très peu vomi dans ma vie, ce qui fait que cet événement n'a jamais été banal.

Je souhaite bon courage à ceux qui vivent ce calvaire et je voudrais leur dire qu'on s'en sort relativement bien. Enfin j'ai pu mettre un nom sur ce mal qui a été mon compagnon quotidien pendant si longtemps ...

Merci de tous vos témoignages.

PS : Dans le roman de Joy Fielding " Ne me racontez pas d'histoires ", l'héroïne est atteinte du même mal. Je vous conseille de le lire, d'autant plus qu'il finit bien !


Mon émétophobie aigue s'est arrêtée le jour où l'homme que j'aimais m'a quittée. J'ai tellement souffert de cet abandon que j'en ai oublié de m'angoisser de vomir et j'ai cessé d'y penser ...

Rosalie

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