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28 Août 2008 , bienvenue sur emetophobie.net
                 
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Bonjour à tous,

je m'appelle Adrien ; j'ai 20ans et je suis en prépa HEC ( deuxiéme année ) à Lille.

Je viens de lire les 7 témoignages qui me précèdent ; certains se recoupent , d'autres moins ; en tous cas, ils sont tous enrichissants car ils montrent à quel point la maladie peut nous toucher.

Perso, il m'est difficile de donner un point de départ à mon émétophobie : je crois en avoir souffert progressivement dés l'âge de 7 ans environ ; certes, il y a une cause mais à ce jour je l'ignore encore et je compte sur mon premier rendez-vous avec un psychiatre ,dans une semaine, pour commencer à creuser tout ça.

Pour ne pas retarder certains lecteurs qui voudraient se reconnaître en moi, je le précise de suite : je suis un éméto social ( peur de vomir en public ), donc je ne peux pas comprendre réellement ceux qui souffrent de l'éméto pure.

Commençons l'histoire : mes premières phobies étaient moins sociales qu'aujourd'hui. Je devais avoir environ 7 ans donc et c'était en me couchant le soir que des angoisses arrivaient ( je tiens tout de suite à modérer ce terme car les degrés d'angoisse sont divers ; considérez donc ici une angoisse de " débutant ", quelque part " douce " ) : ce qui trottait dans mon petit cerveau était " surtout ne vomis pas , les parents vont se réveiller, te demander ce qu'il se passe, pourquoi tu as vomi et puis ça va se répéter le lendemain ; l'engrenage sera terrible et ils te verront comme anorexique etc etc ... " . Petit, je ne pouvais pas dormir dans le noir et si c'était le cas, je vomissais ( on y pense puis progressivement on tremble, on a un peu froid, on salive de plus en plus, des bulles d'air se forment dans l'estomac et puis ce qui arrive .. arrive). Ceci dit, cette peur de vomir le soir était quotidienne ( de 7 à 15 ans environ , avec je pense deux ans sans rien entre deux, et des degrés divers chaque année ) mais je ne vomissais réellement " que " 2 à 3 fois par semaine. Ici, me direz-vous, on constate deux choses :

- la peur du regard des parents
- la peur de mincir ( j'ai toujours été mince et rien que d'entendre la famille dire " il faut que tu grossisses " me mettait la pression, ce qui est d'ailleurs toujours d'actualité )

Donc déjà plus jeune, aller dormir chez quelqu'un que je connaissais peu ( comprendre ici > vite trouver des toilettes si les vomissements me viennent, et que les autres ne se rendent pas compte que j'y vais pour vomir ), était difficile. Remarquez également que c'était surtout l'idée de dormir dans le noir qui m'effrayait ; les repas ou activités dans la journée ne constituaient en rien un probléme et je n'y pensais même pas !

Une deuxiéme étape est celle dés 17 ans je dirais. Notez que dès la phobie du noir passée ( vers 14-15 ans ), il y a eu deux ans sans problèmes.

Bref, à 17 ans je casse avec ma petite amie ( rien de trés serieux ) et si je le dis , c'est que ce fut la dernière avec qui l'éméto n'existait pas ( trop ).
Vers 17 ans, les soirées se multiplièrent. En fait, je pratique le hockey sur gazon depuis tout petit et l'ambiance, c'est très concours de bières ( je rappelle que j'habite dans le nord ) jusqu'à être plein ( et vomir, ça fait rire tout le monde ) . Au début, j'assurais pas mal dans la discipline. Aujourd'hui, une seule gorgée de bière me fait peur ( sauf si je suis seul ou prés des toilettes qui sont l'échappatoir par excellence pour tous les émétos sociaux ). Bref, de 17 à 18 ans, je pense que l'éméto se cachait en douce ...

Après mon bac ( il y a presque deux ans maintenant ), je suis parti sur Lille pour rentrer dans ma prépa actuelle. Depuis, tout s'est accéléré. Quand je suis arrivé ( mais ça, ce n'est pas nouveau chez moi ), j'appréhendais beaucoup de rencontrer que des personnes que je ne connaissais pas. Ceci dit , je suis pas du tout timide ( j'ai pas interêt en écoles de commerce d'ailleurs ! ). Mais à la cantine le midi, j'avais du mal à manger et à parler, surtout avec des filles ( au fait , c'est important : durant la fin de ma première et tout au long de ma terminale, je suis tombé fou amoureux de ma meilleure amie ; ca n'a jamais marché et j'en ai réellement bien bavé ... tout ça pour dire qu'en arrivant en prépa, l'assurance vis-à- vis des filles était OUT ). Bref, je ne pouvais pas sortir avec ces nouveaux amis dans les bars et discothèques car il fallait bien evidemment qu'ils aient une bonne première image de moi et vomir devant eux étaient horrible.

Que dire à ce jour ? Et bien j'évite les sorties ou alors je les négocie ( ok pour un ciné mais a 19 heures ... pourquoi ? Car à 19 heures, j'aurai l'estomac vide et que rien ne pourra m'arriver.) Les restos en famille ou entre amis m'effraient ( ajoutez les éternelles remarques sur ma minceur de la part de la famille ), et je ne peux plus sortir avec une fille. ( par contre, je retrouve toute ma tchatch' dès que j'ai l'estomac vide ou semi-vide, mais je peux pas m'engager dans une longue relation ). Concernant la nourriture : j'essaye un maximum de m'isoler pour faire des bons repas bien gras pour gagner en poids si je venais à devoir en perdre par la suite ( trés mauvais calcul, j'en suis conscient ... )

Bon allez, un petit point positif pour finir : j'ai , au bout de 13 ans, tapé enfin sur le net des mots-clés concernant les vomissements et je suis tombé sur ce site." je ne suis donc pas seul à être malade de cette cochonerie ? " ai-je pensé alors .... Ca fait bizarre sérieusement de ne plus être seul !!

Adrien.

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