Actuellement,
il y a Document sans titre 1 visiteur(s) sur le site.
28 Août 2008 , bienvenue sur emetophobie.net
                 
Accueil > Témoignages > Emétophobie " sociale " > Manu
Document sans titre
 Emétophobie " pure "
Définition & Généralités
Evolution
Origines
Conseils
Angoisses & Rituels
Le contrôle
Les Autres

 Emétophobie " sociale "
Définition & Généralités

 Témoignages
Emétophobie " pure "
Emétophobie " sociale "
Grossesse
Proches

 Vomir ?
 
 Gastro-entérite
Description
Symptômes
Transmission
Prévention
Alimentation
Traitements

 Trucs & Astuces
Phobie
Crise d'angoisse
Anticipation négative
Objet contraphobique

 TCC
Introduction
Outils thérapeutiques
Exercices d'exposition
En simplifié
Adresses de psy
10 commandements

 Paroles de psy
 
 Liste des phobies
 
 Mon histoire
Ma vie
Mes angoisses & Rituels

 Emissions TV
 
 Remèdes de grand-mères
 
 Relaxation
Explication
Schultz
Jacobson
Vittoz

 Médecines douces
Homéopathie
Aromathérapie
Phytothérapie
Kinésiologie
Acupuncture
Chiropractie
Sophrologie
Yoga

 Filmographie
 
 Recettes


Je vais essayer de décrire du mieux que je peux mon rapport à la phobie. Mais ce n’est pas évident, je vais faire ce que je peux.

Bon alors voilà, je n’ai pas de problème quand je suis seul ( ou avec des personnes avec qui je suis en confiance comme ma famille ou des amis très proches ) ou presque. Pourquoi presque ? Parce que même si je ne suis pas un émétophobe pur, je suis tout de même plus sensible au vomi que la plupart des gens. A la maison, extrêmement rares sont les nausées psy. Il m’arrive cependant d’en avoir mais elles passent en général assez vite. Si elles ont un peu de mal à disparaître, je me couche un moment sans penser gerbi et je me calme pour que ça passe. Par contre il est des situations où même chez moi, je ressens ma différence. C’est dans les cas où je vis une situation propice à la gerbe. C'est-à-dire une sensation réelle d’envie de vomir que quelqu’un de normal pourrait ressentir. Chez moi, cette sensation est amplifiée jusqu’à pouvoir me faire vomir alors qu’une personne normale pourrait résister. A la différence d’un émétophobe classique, c’est que je ne cherche pas trop à résister ( même si j’en ai super pas envie du tout ). Je résiste mais pas aussi fort que les émétophobes purs pourraient le faire car je connais bien la sensation de vomir. Et pour moi, du moment que c’est en privé, ce n’est pas encore la fin du monde. Néanmoins, je dois avouer que ma peur de vomir à la maison a un peu augmenté. Ce n’est pas le fait de vomir qui me fait plus peur qu’avant mais en fait ça serait pour moi comme une expérience qui pourrait me fragiliser lors de mes futurs affrontements face aux crises. J’ai peur de me sentir plus fragile en me rappelant avoir vomi.

Pour ce qui est de ma peur en public, je veux d’abord dire que je ne suis sûrement pas le cas le plus grave et qu’il faut donc prendre ma description avec précaution car il y aura des cas plus aigus que moi. Par exemple, les lieux publics en général ne me font pas peur. Un endroit bondé a extrêmement peu de chances de me provoquer une crise. Surtout si je suis à l’extérieur, l’air frais aidant. Cependant, ce n’est pas le cas quand je me sens « coincé » comme dans un train ( pour le train je n’ai plus de problème mais c’est à force de le prendre ), un car, un avion, une salle de cinéma, une salle de spectacle, un pub, une discothèque …

Vous le comprendrez aisément pour l’avion ou la salle de cinéma mais peut-être vous poserez-vous des questions pour des endroits comme le pub ou la discothèque. En fait, on est moins physiquement coincé dans la discothèque ( bien que le monde autour puisse jouer le rôle de « coinceur » en empêchant par exemple un accès rapide aux toilettes et créer des crises ). Mais on est souvent accompagné et on ne peut partir par simple amitié ( en gros pour ne pas passer pour un gros lourd qui se barre trop tôt ) ou encore parce que ce sont les autres qui nous transportent.

Ensuite, il y a les rencontres ou rendez-vous. Un rendez-vous dans une agence comme une banque ou une assurance ne me dérange pas du tout. Je vais peut-être un peu m’inquiéter avant d’entrer dans le bureau mais une fois à l’intérieur, tout passera car je serai occupé, et que mon occupation sera plus importante qu’une si petite crainte. Et de toute façon, on pourrait comprendre que je sorte en prétextant ne pas me sentir bien. Ca peut arriver à tout le monde donc … Cependant certains lieux sont plus délicats comme le salon de coiffure car une fois les cheveux humidifiés, je suis un peu coincé. Ou encore tout simplement parce que le fait d’avoir les cheveux humides me fait craindre de me sentir mal. C’est d’ailleurs un peu comme la plage dans ce dernier cas, où je crains que l’eau froide puisse me donner envie de vomir. J'ai d'ailleurs vomi sur une plage une fois après avoir nagé.

Ensuite viennent les lieux où je suis au devant de la scène comme une soutenance orale pour un projet ou un entretien d’embauche car on est là pour me juger. La c’est vraiment terrible. Les moments où il s’agit de s’intégrer aussi comme les premiers jours d’un emploi. Et où justement ma phobie et donc mes crises m’empêchent de m’intégrer.

Puis vient pour moi en dernière position, la plus ardue, celle de la rencontre féminine. A priori, d’après ce que j’ai pu voir des autres émétophobes que nous avons jusqu’ici qualifiés de « sociaux », cela ne pose pas trop de problèmes. Cela génère un stress et donc des crises mais ce n’est pas extrêmement fort. Cela est dû au fait, je pense, qu’ils ont une bien meilleure expérience que la mienne et se sentent donc plus en confiance. Il se peut donc qu’un autre émétophobe n’ayant quasiment aucune expérience comme moi ressente le même malaise. D’ailleurs les seules émétophobes « sociaux » que je connaisse sont des filles ou femmes. Pour un homme, je suppose que ce doit être plus handicapant car il est « normalement » ( je tempère mes mots car nous sommes tout de même en 2004 ) celui qui doit le premier s’engager, se lancer, « avouer » son intérêt ( toujours dans le cas d’inexpérience ).

Avant d’essayer de décrire une crise, il faut que j’ajoute que je crains aussi de rencontrer d'autres émétophobes. Il ne s’agit pas ici de jugement que l’on va émettre sur moi. J’ai ici des crises car je sais que la pire chose que je puisse leur faire est de vomir ... d’où les crises.

Il est très difficile de décrire les sensations lors d’une crise. Néanmoins, je vais essayer du mieux que je peux. Je vais essayer de me remettre dans la situation d’une de mes dernières crises pour vous le décrire mais ça ne restera qu’une image à moins qu’il s’agisse du même type de crise qu’un émétophobe normal puisse ressentir. Prenons l’exemple d’une première journée de travail qui commencerait, cela va de soi, un matin. Le matin, je me réveillerais déjà angoissé, le cœur battant plus vite que la normale. Attention, cet état n’est pas dû au stress que ressentirait n’importe qui dans une pareille situation. Ici, c’est en fait mon angoisse à l’idée de pouvoir vomir durant cette matinée qui me taraude car je n’ai pas réellement peur de ce que je vais devoir faire durant cette première journée. Plus le temps passe et plus je stresse ( toujours par rapport à la peur de vomir ), je ne parviens presque pas à déjeuner mais quoiqu’il en soit, je me force au moins à avaler un verre de jus de fruits pour ne pas avoir l’estomac vide et avoir du sucre en réserve car je vais en avoir besoin. J’ai mal à l’estomac, je vais en diarrhée, j’avale ma salive ce qui assèche ma gorge et augmente ma peur de vomir. Je me gave de bonbons à la menthe pour essayer de faire passer ce mal de gorge et d’estomac à avaler ma salive mais ça ne me soulage qu’un temps, voire ça empire l’assèchement. Une fois au travail, c’est la tête qui s’ajoute, la fameuse nausée psy. Une sensation d’être dans un autre monde, une bulle voilée, je ne me sens plus dans mon état normal. Mais il faut que je paraisse normal. C’est ce que je m’efforce de faire. Pour cela, je tire donc sur mes réserves, sur toute ma résistance, je sens certains décrochages. Je m’affaiblis, ce que j’ai avalé le matin ne suffit plus. Mon cœur s’affole, j’ai l’impression que je perds toutes mes forces et que de ce fait je vais soit vomir soit m’évanouir ( pensée qui me donne encore plus envie de vomir ). J’ai du mal, voire je ne parviens pas du tout à me concentrer. Je préfère d’ailleurs utiliser le moins possible mon cerveau. Et je tremble fort. Une fois la crise passée ( la journée est passée ), je me sens vidé, épuisé et surtout bien seul. J’ai alors peur pour la journée du lendemain et je me demande bien comment je vais réussir à affronter une deuxième journée.

Ce que ça engendre au quotidien ? Cela amène à craindre beaucoup de choses où se trouveront des personnes que je ne connais pas. Il y a souvent bien plus de peurs que de crises mais toutes les choses de la vie deviennent difficiles car sujettes à risque de crises. D’après ce que vous avez pu lire précédemment, vous pouvez logiquement penser que mes crises sont très rares. Ce n’est pas faux mais ce n’est pas vrai non plus. J’ai plus de crises qu’il n’y parait. D’ailleurs c’est ce qui m’amène à faire quelques précisons sur moi. Je suis timide d’accord mais pas un timide maladif. Je l’étais étant plus jeune mais ça s’est très fortement estompé à force de travail. Aujourd’hui je suis plutôt à l’aise en société. Excepté en cas de crise. En fait, je ne souffre pas réellement de phobie sociale. Ce n’est pas ma timidité ( qui je le répète est bien moins forte aujourd’hui ) qui me conduit à faire des crises. Ce sont mes crises qui ont remplacé ma timidité. Je suis beaucoup moins timide que mon frère par exemple qui lui n’a aucune phobie sociale. Moi j’ai en fait transformée cette peur d’autrui en émétophobie. Mais en véritable émétophobie. Car malgré ce que j’ai pu décrire, il ne s’agit pas que du regard des autres. Tout d’abord je le vois quand je fais des minis crises d’émétophobe normal. Et puis il y a des situations où je me sens très à l’aise avec les autres, où je me sens bien entouré et pas mal jugé mais où j’ai tout de même peur de vomir. Cela a rapport avec le fait que leur regard voit mon vomi, mais le fait qu’ils me voient, moi, tel que je suis, ne m’embête pas. Ce n’est pas très clair je vous l’accorde. Alors je vais essayer de vous donner trois exemples concrets.

Un an après être devenu émétophobe, j’ai eu à passer des concours. Le fait d’être dans une salle où il y avait un tas d’autres étudiants me faisait très légèrement peur. Parce que l’enjeu était important, c’était même plutôt un stress logique dû à l’examen. Mais cette situation, je l’ai vécu des centaines de fois. Ayant été en prépa, j’ai eu des examens très compliqués toutes les semaines et même des examens oraux deux heures par semaines qui pourtant ne m’ont presque jamais créé de crises ou alors très faibles. Et pourtant un matin de je ne sais plus quel jour de concours ( les autres jours s’étaient bien passés ), j’ai vu un chat se faire écraser. Ca m’a fait me sentir mal et puis après tout s’est enchaîné, j’ai commencer à avoir une crise psy et j’ai perdu 1h30 sur les quatre heures de travail ( et en plus c’était pour l’épreuve de maths ). Alors qu’en temps normal j’aurai été décontracté une fois l’examen commencé.

Un autre exemple, j’ai travaillé à Carrefour avec des gens extrêmement sympathiques qui m’ont mis en confiance très rapidement. Tout s’est très bien déroulé mon premier jour jusqu’à ce que je commence à ressentir de la fatigue. Et là j’ai commencé à criser. Et malgré que je me sentais très bien avec ces gens, il m’a été impossible de ne pas criser. J’ai même eu une crise un mois et demi plus tard alors que mes collègues étaient devenus de bonnes connaissances avec qui je pouvais rire.

Enfin, si nous prenons le cas d’une rencontre avec une fille, je vais me sentir mal à l’aise. Mais ce sera uniquement ( si on ne compte pas le stress légitime que tout le monde ressent ) à cause de l’émétophobie. Par exemple, j’ai des problèmes de peau sur le visage, ça va me mettre un peu mal à l’aise mais à la rigueur je m’en fous. Pour moi, si elle n’est pas contente de me voir tel que je suis, elle peut se barrer. C’est clair que ça me ferait de la peine mais je n’en ferais pas un drame et c’est elle que je trouverais stupide. Pourtant je me sentirais tellement honteux si je vomissais. Je n’ose même pas envisager la situation en réalité ( ici, en imagination, ça va mais ça me parait vraiment fou en réalité ).

Je sais que sur la ML, on me croit extrêmement timide, quelqu’un qui n’ose pas parler lors de réunions, quelqu’un qui se met en retrait si ce n’est derrière ce clavier. Cependant je ne suis pas comme ça. Je suis au contraire très communicatif en réalité. Seules mes crises peuvent me faire apparaître tel quel dans la vraie vie ( sauf quand j’ai des problèmes qui me font déprimer et où alors je n’ai pas trop envie de communiquer ). Une fois que tout va bien, je n’ai pas l’air du tout timide. Je ne suis pas avenant mais je ne parais pas très timide. On voit que je ne suis pas au premier plan mais on ne m’accorderait pas une phobie sociale.

Suis-je émétophobe, je le crois. Car beaucoup de choses tournent autour de cette peur de vomir. Mais je ne le suis pas complètement. Chez moi, ou dans des situations qui me sont habituelles, ça va. Si j’avais plus confiance en moi, je n’aurai pas de phobie sociale. Si j’étais plus beau et moins sensible alors je crois que je ne serais pas tombé dans l’émétophobie et que j’aurai réussi à mieux m’en sortir car les choses auraient été plus faciles. Mais ce n’est pas le cas. J’ai une phobie sociale.

J’ai beaucoup réfléchi à ce qu’était mon mal. Et j’y ai vu deux faces. D’un côté, le côté social de la chose et de l’autre les comportements communs avec les autres émétophobes. Je me suis alors demandé si je pouvais m’être trompé de mal. Malheureusement il me semble que seuls les autres émétophobes comprennent ce que je ressens et ont le même comportement que moi. D’ailleurs, il y a un lien très fort puisque certains comme Sidonie ou Bélissante, semblent d’après leurs dires passer d’une émétophobie pure vers quelque chose de plus social. Je crains qu’il n’y ait pas de nom pour définir mon problème alors que j’ai besoin d’en mettre un. L’émétophobie pure n’est pas la mienne mais elles sont parentes. Je crois même que l’on peut passer de l’une à l’autre. Après y avoir donc réfléchi, je crois que l’expression « émétophobie sociale » que Vahina a si justement inventé correspond tout à fait à une représentation de mon problème. Si l’émétophobie sociale diffère de l’émétophobie c’est justement parce qu’elle porte cet adjectif de sociale. Elle n’est pas l’émétophobie mais l’est quand même. Sous une autre forme. Je pense donc qu’il convient d’encore utiliser ce terme.

Manu

Copyright © CEF - 2001-2006