J'espère
que mon témoignage peut vous être utile.
Je ne savais pas que cette phobie avait un nom et que
d'autres personnes en souffraient.
Il
y a environ 9 ans, alors que j'en avais 13, j'ai commencé
à avoir peur d'aller à l'école
de peur d'être " malade " devant tout
le monde et d'être ainsi ridiculisé par
mes camarades de classe. Plus l'année scolaire
avançait, plus mon cas s'aggravait et plus je
m'absentais de l'école. Car comme vous le savez
sûrement, le cercle vicieux de cette phobie me
causait des nausées " artificielles "
et donc je disais à ma mère que j'étais
malade. Étant donné que ma soeur ( mon
aînée de 3 ans ) avait eu des troubles
psychologiques similaires, mes parents ont avisé
la direction de l'école ainsi que le psychologue
et des mesures spéciales ont été
prises pour m'aider.
Le
psychologue croyait que je souffrais de " phobie
scolaire " où comme le nom l'indique, la
peur d'aller à l'école. Ça collait
bien avec mes symptômes et on a travaillé
fort pour me guérir. J'ai suivi le psychologue
tout le reste de l'année et je me suis réintégré
aux autres élèves peu à peu au
fil des jours. J'ai même réussi mon année
scolaire avec de bons résultats, étant
donné que j'ai toujours été très
bon à l'école ( preuve qu'on a tous nos
points forts même quand on se sent faible ).
Il
y a juste un truc qui clochait. Je n'avais pas vraiment
peur d'aller à l'école. En fait, j'avais
pas juste peur à l'école. N'importe où
je devais aller devenait une source de stress pour moi.
Je mangeais très peu et j'étais assez
maigre. Depuis toutes ces années, j'ai appris
à me contrôler. Je suis très fier
de moi car j'y suis arrivé tout seul. Mais vraiment
tout seul ! Il y a eu mes parents qui m'ont toujours
supporté, mais ils ne se doutent pas vraiment
de ma phobie. Ma mère pense que c'est le stress
mais il y a plus que ça.
Aujourd'hui,
je fonctionne aussi bien qu'un individu dit " normal
". Je mange peut-être un peu moins quand
je ne suis pas chez moi, mais il y a une immense différence
entre il y a 9 ans et aujourd'hui. Juste pour démontrer,
l'an passé je travaillais dans une grande surface
( là où il y a plein de monde ) et pendant
les dîners, je mangeais des pleines portions ...
Et même un dessert ! Même pendant les pauses
je mangeais des collations. Et ce sans avoir à
y penser, comme si c'était naturel. En y repensant,
je suis très fier de moi !
Mes
trucs pour passer à travers cette phobie sont
les suivants :
1-
Mâcher de la gomme. Ma mère m'a dit un
jour " Mâche de la gomme, ça enlève
le mal de coeur. " Depuis, c'est resté gravé
dans ma tête et c'est psychologique, à
chaque fois que je commence à être nerveux,
je mâche une gomme. ( je passe environ 4 paquets
par semaines !! )
2-
Manger le plus tôt possible. C'est encore psychologique.
Si c'est possible, manger très tôt avant
de partir quelque part. Exemple, se lever plus tôt
pour pouvoir déjeuner. Ça me donne le
sentiment que je ne peux pas être malade si mon
corps à déjà eu le temps de digérer
mon repas.
3-
Traîner un sac dans ses poches. Au cas où
l'inévitable se produirait. Avec ce sac, j'avais
moins peur d'être malade et d'en mettre partout.
Aussi, ça permet d'être plus discret si
on est malade. De toutes les années que j'ai
eu ce sac ( presque le même en 9 ans ), je ne
m'en suis jamais servi, mais ça me rassurait.
Même qu'à la fin, je l'ai surnomé
" le sac anti-vomi " et c'était rendu
une sorte de porte-bonheur qui me permettait d'aller
n'importe où sans crainte. Maintenant je ne m'en
sers plus car mon niveau d'assurance est assez haut.
Peut-être que si une situation assez stressante
se montre, mon sac va retourner dans mes poches.
4-
Manger peu. C'est pas vraiment un bon truc, mais c'est
celui que j'utilise le plus souvent ( avec la gomme
). C'est simple, moins tu manges, moins tu peux être
malade. Attention !! Il ne faut pas arrêter de
manger du tout. Il suffit juste de manger de plus petites
quantités de nourriture à la fois. Il
faut augmenter les quantités au fur et à
mesure que la confiance pour une situation augmente.
Surtout, il ne faut pas arrêter de manger complètement
! SVP ne jeûnez pas. C'est très mauvais
pour la santé. S'il le faut ne mangez qu'une
tranche de pain c'est quand même mieux que rien,
mais mangez d'autres choses au cours de la journée.
5-
Penser à autre chose. Ça c'est le truc
que le psychologue m'a donné. C'est le plus dur
à réaliser, mais c'est le seul qui fonctionne
totalement sans problème de santé. Une
fois qu'on pense réellement à autre chose,
on arrête d'être angoissé. Mais c'est
très dur et même moi, en pleine crise,
je n'y arrive pas ...
E n conclusion, j'espère que mon témoignage
peut aider quelqu'un et n'hésitez pas à
aller chercher de l'aide. Il est possible de mener une
vie normale. Il faut VIVRE !!!
Seb