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Qu'est ce que c'est que cette phobie qui me bousille la vie ? Et pourquoi est ce que ça ne s'arrête pas ?

C'est assez simple à expliquer, et il y a plusieurs manières de voir les choses. Le Dr. christophe André, dans son livre " Psychologie de la peur : craintes, angoisses et phobies " explique que la phobie est comme un hôte indésirable qui s'est invité chez nous. Plus on donne ce qu'il veut à cet intrus, moins il a envie de partir. Cette image est excellente parce qu'effectivement, la plupart des phobiques font absolument tout pour garder cette phobie en eux. Ils pensent souvent bien faire et pourtant, ils ne font qu'aggraver leurs angoisses parce qu'ils s'y prennent très mal.

On peut voir aussi la phobie comme un enfant de 4 ans. Trouvez-lui un prénom, Tristan, Gaël, Adeline, ce que vous voulez. Imaginez que cette phobie est un enfant de 4 ans dans votre tête. Cet enfant va faire des caprices. Plus vous allez obéir à ses caprices, plus l'enfant deviendra capricieux voire même tyrannique.

Lui résister fait mal. Imaginez-vous en train de vous promener dans une grande surface ou dans un centre commercial avec cet enfant. Il a vu un jouet ou des bonbons. Il vous dit : " je veux des bonbons ". Si vous dites : " Non, tu n'auras pas de bonbons ", l'enfant va faire un caprice. Si vous savez stopper ce caprice et ne pas l'écouter, alors vous éduquez cet enfant peu à peu et il ne fera plus de caprices plus tard.

Si vous lui offrez des bonbons à chaque fois qu'il le demande, le jour où vous résisterez, l'enfant va faire un énorme caprice, il va crier, hurler, pleurer, taper des pieds, se rouler par terre devant tout le monde dans le magasin, et vous en éprouverez une honte terrible. Par dessus le marché, vous aurez le plus grand mal à le maîtriser.

La phobie est cet enfant de 4 ans. Plus vous la caressez dans le sens du poil, plus vous obéissez à toutes les angoisses et tous les évitements qu'elle vous donne, plus vous la nourrissez, l'entretenez et moins il sera facile de se mesurer à elle. Vous aurez de plus en plus de ressenti physique, de plus en plus de baisse de l'estime quez vous avez de vous-mêmes, bref, vous ne vous en sortirez pas. Il faut la contrer, ne plus lui obéir. Le chef, c'est vous, pas la phobie. Vous commandez, elle se soumet. Et comme elle n'aime pas se soumettre, elle va vous envoyer des signaux de mécontentement ( maux de ventre, nausées, accélération du rythme cardiaque, diarrhée, frissons, tremblements, vertiges ... ) [ les manières que l'enfant a de montrer son mécontenement aussi : se rouler par terre, pleurer, taper du pied ... ]. Evidemment, ça fait mal de contrer un ordre que nous donne la phobie. Ca engendre les symptômes précédents. Mais dites vous que quand vous contrez la phobie et que vous avez ces symptômes, c'est que vous avez gagné une bataille. Ce qui ne veut pas dire que vous avez gagné la guerre. Pour gagner la guerre, il faut gagner de nombreuses batailles.

Un échec ne veut pas dire que vous avez perdu la guerre. Vous n'avez perdu qu'une bataille. Pour gagner la guerre, c'est en permanence qu'on doit se battre. Il ne faut pas se contenter de gagner une bataille et de se reposer sur ses lauriers. Ca doit être volontaire, régulier et durable ( cf les 10 commandements sur le site ).

Quand vous voyez un enfant se rouler par terre dans un supermarché et se mettre à hurler comme si on l'étranglait parce que ses parents refusent de lui acheter un jouet, n'avez-vous pas une pensée pour les parents ? Une envie de dire qu'ils ont mal éduqué leur enfant ? N'avez-vous pas envie d'être parents de cet enfant, juste l'espace de deux minutes, histoire de lui donner une fessée ou de le gronder puisque ses propres parents ne le font pas ?

C'est pareil avec la phobie. Moins vous la grondez, plus vous l'écoutez, et moins vous aurez de liberté plus tard, plus vous déprimerez et souffrirez par la suite.

Attention : les exercices que vous vous donnez à faire pour lutter contre la phobie doivent être progressifs. Si vous y allez trop fort d'un coup, vous pouvez vous braquer et ne plus avoir l'envie ou le courage de faire d'efforts par la suite. Il faut encore une fois que ce soit fait en douceur. Listez vos angoisse ( même si ça doit faire 100 pages ) et commencez par ce que vous pouvez commencer à faire doucement. Puis, une fois que vous avez fait cet exercice plusieurs fois et qu'il n'y a plus d'anticipation négative ni d'angoisse pour cet exercice-là, augmentez la difficulté d'un cran. Le secret est d'avancer, mais pas trop vite. Procédez par étapes. Au besoin, notez vos étapes de 1 à 100 s'il le faut.

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